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Parfums, shampoings, nettoyants… Ces produits qui polluent autant que les voitures

Crédits : Flickr / Dave O

Les produits chimiques dérivés du pétrole comme le parfum, les shampoings ou encore les pesticides produisent autant de pollution atmosphérique que les voitures, révèle une étude.

Quand nous évoquons la pollution de l’air, nous pensons probablement aux émissions fossiles des véhicules et à leur contribution significative au changement climatique mondial. Des chercheurs des universités du Colorado et de Berkeley en Californie estiment pourtant qu’aujourd’hui, 50 % de la pollution atmosphérique vient des pesticides, mais aussi des produits domestiques tels que les shampoings, parfums et autres produits de beauté. Ces résultats sont publiés dans la revue Science.

« Les substances que nous utilisons dans notre vie quotidienne peuvent avoir un impact sur la pollution de l’air », note Brian McDonald de la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration), et principal auteur de l’étude. Une course contre le temps semble ici engagée : environ la moitié de la pollution atmosphérique que nous respirons viendrait ainsi des émissions fossiles liées au carburant (voitures, camions, pompes à essence). Les 50 % restants viendraient  quant à eux des produits chimiques (nettoyage, cosmétiques, peinture, parfum). « La plupart de ces composés nuisibles provenaient du secteur des transports, mais au fur et à mesure que le transport devient plus propre, ces autres sources deviennent de plus en plus importantes », explique le chercheur.

Produits de beauté et de toilette, nettoyants ménagers, peintures, pesticides et eau de javel sont des composés organiques volatils (COV). Ces derniers rendent nos produits nocifs et se dégradent en particules PM2.5, connues pour former l’une des plus grandes causes de pollution de l’air dans le monde. « L’essence est stockée dans des conteneurs fermés, et espérons-le hermétiques, et les COV dans l’essence sont brûlés pour l’énergie », poursuit Jessica Gilman, co-auteure de l’étude. « Les produits chimiques volatils utilisés dans les solvants courants et les produits de soins personnels sont littéralement conçus pour s’évaporer ». Plutôt que de les stocker de manière aussi rigide que l’essence, nous appliquons donc ces produits sur notre peau et dans nos maisons, en les laissant volontairement entrer dans l’air.

Cette étude révèle ainsi que les inventaires actuels de la pollution de l’air surestiment les contributions des émissions des véhicules, tout en sous-évaluant les émissions des produits chimiques d’environ deux ou trois fois. Si les recherches antérieures de l’Environmental Protection Agency estimaient en effet ce ratio à 75:25, cette nouvelle étude suggère un ratio plus proche de 50:50, en partie parce que les normes de pollution des véhicules sont devenues beaucoup plus strictes au cours des dernières décennies.

S’il est bon de continuer à faire évoluer le secteur des transports, il paraît ici impératif que nous utilisions cette information pour nous attaquer à l’autre part du problème. La pollution de l’air peut avoir un éventail étonnant d’effets négatifs sur la santé, allant de la démence chez les adultes au développement retardé du cerveau chez les enfants, et même à la mort.

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