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Les moules sont condamnées à disparaître selon des biologistes

Crédits : joycemay / Pixabay

Les coquilles des moules s’amincissent de manière rapide et inexorable, ce qui les mène tout droit à la disparition selon des biologistes. Une disparition qui pourrait avoir des effets écologiques lourds, puisque les moules sont à la base de la chaîne alimentaire.

C’est une conclusion alarmante sur la situation des moules dans le monde qu’ont tiré des biologistes de l’Université de Chicago, aux États-Unis, dans une étude parue dans la revue Proceedings of the Royal Society B. Ces mollusques bivalves voient en effet leur coquille s’amincir au fil des années, un processus que l’on doit à l’acidification des océans.

Pour parvenir à ces résultats inquiétants, ces biologistes ont comparé la densité des coquilles des plus grandes moules contemporaines récoltées près de la côte Pacifique des États-Unis à celle des spécimens recueillis dans les années 1960-1970, ainsi qu’à celles découvertes dans les fosses à déchets des anciens Indiens d’Amérique (qui vivaient il y a 1000-2400 ans). Résultat, la taille des coquilles des moules a diminué de 27% en moyenne, une part encore plus importante pour les plus grosses d’entre elles dont la taille des coquilles a diminué de 32% depuis les années 1970.

[Les coquilles des moules sont composées de carbonate de calcium et de substances organiques que les mollusques obtiennent dans le processus de bio-minéralisation : ils extraient de l’eau de mer des ions du bicarbonate de sodium et les transforment (grâce à des protéines spéciales) en cristaux de carbonate de calcium. La couche extérieure de la coquille est composée de calcite, et la couche intérieure, d’aragonite.]

D’après les biologistes qui ont mené cette étude, la principale cause de cet amincissement de la coquille est l’acidification de l’océan. En effet, lorsque le dioxyde de carbone se dissout dans le Pacifique, le pH de l’eau augmente et son acidité grimpe en flèche. Selon Gizmodo, depuis le début de la dernière révolution industrielle, le pH de l’eau à la surface des océans a augmenté de 0,1 unité, ce qui a entraîné une hausse de l’acidité de 30%. Le phénomène touche, entre autres, les récifs de corail et donc les moules, confrontées à une sorte de processus de dissolution lente.

Si les moules venaient à disparaître, ce que redoutent les scientifiques qui n’ont que très peu, voire pas, d’optimisme sur le sujet, il s’agirait d’une véritable bombe écologique, les moules étant, au même titre que le plancton, à la base de la chaîne alimentaire.

Source : proceedings of the royal society B, gizmodo

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