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Big Rip : À la fin, l’Univers pourrait bien se déchirer

Photo Credit: Capture Youtube

La mort de notre univers sera froide et progressive selon la plupart des physiciens. Mais une nouvelle analyse suggère que le cosmos pourrait progressivement se déchirer, un phénomène aussi connu comme le Big Rip. Une équipe de chercheurs de l’Université Technique de Lisbonne, au Portugal, a étudié plusieurs scénarios possibles.

Nous savons que l’univers se compose essentiellement de matière noire – c’est du moins ce qui est suggéré, bien que de récentes études remettent en cause l’existence de cette matière – qui interagit avec la matière régulière par gravité, et d’énergie sombre, une force invisible et mystérieuse soupçonnée d’accélérer l’expansion de l’univers. La plupart des chercheurs s’accordent sur le fait que les galaxie et amas de galaxies s’éloignent les uns des autres de manière progressive. Mais jusqu’à quand ? La plupart soutiennent la théorie du Big Freeze, qui correspond à un futur éloigné, au plus tôt dans 2,8 milliards d’années, où toutes les étoiles sont éteintes et où les sources d’énergie encore disponibles, comme des trous noirs supermassifs s’évaporant, sont en train de se tarir. C’est la mort thermique de l’univers.

En revanche, d’autres soutiennent la théorie du Big Rip, plaçant l’énergie sombre sur le devant de la scène, comme principale responsable de la fin des temps. En théorie la matière se déchiquette, l’énergie sombre l’emportant sur la gravité dans un bras de fer cosmique. Conséquence : un emballement de l’expansion, mais à la fin, toute forme de matière ou de galaxies, mais aussi étoiles et d’atomes, serait disloquée par cette expansion titanesque de l’espace-temps alors que la densité de l’univers continuerait à diminuer. Un gigantesque déchirement dans un univers de plus en plus vide. Aujourd’hui, une nouvelle étude fournit un examen plus approfondi de ce à quoi cette fin pourrait ressembler.

Une équipe de chercheurs de l’Université Technique de Lisbonne au Portugal a étudié trois versions possibles : le Big Rip; le Little Sibling du Big Rip; et le Petit Rip. Toutes ces options sont assez similaires, mais ils diffèrent légèrement dans la façon dont les choses se séparent. La première est un déchirement brutal, la troisième est plus atténuée, la seconde est un état intermédiaire. Pour voir lequel de ces trois scénarios est le plus probable, l’équipe a étudié la dernière carte du cosmos à partir des observations de la Wilkinson Microwave Anisotropy Probe et du satellite Planck.

En scrutant des zones de l’Univers aux variations de gravité différente, ils se sont rendu compte que dans certaines parties de l’Univers – comme dans les galaxies – où la matière noire et la matière ordinaire sont plus concentrées, cela pouvait conduire à des incohérences dans la gravité qui pouvaient affecter la vitesse induite par l’énergie sombre. En étudiant ces amas de matière, l’équipe a été en mesure d’obtenir une idée de quel type de « RIP » l’Univers pourrait un jour être la victime. Leur verdict ? Le Petit Rip, dans lequel l’Univers serait se disloquerait de manière très lente, dans une centaine de milliards d’années.

Le papier est d’ores et déjà disponible en ligne sur arXiv.org pour être analysé par d’autres physiciens avant d’être validé. Rappelons que mois dernier, des chercheurs ont remis en question l’expansion accélérée de l’Univers, et donc l’existence même de l’énergie sombre. Mais c’est seulement à travers de telles prédictions et observations que nous en apprendrons davantage.

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