En juillet dernier, au Tibet, un énorme flux de glace et de roche est tombé dans une vallée étroite de la chaîne Aru, faisant de nombreuses victimes animales et humaines dans le village reculé de Dungru. Il s’agit de l’une des plus grandes avalanches de glace jamais enregistrée au monde.

Le 17 juillet dernier, le Tibet a vu un énorme flux de glace et de roche tomber dans une vallée étroite dans la chaîne Aru, répandant des débris sur une épaisseur de 30 mètres et sur une superficie de 10 km². Une avalanche qui a fait de nombreux dégâts dans le village reculé de Dungru, où neuf personnes, 350 moutons et 110 yaks ont perdu la vie, pour ce qui est l’une des plus grandes avalanches de glaces jamais enregistrées. Le seul événement d’une taille comparable était l’avalanche de 2002 du Glacier Kolka, dans le Caucase, comme l’a expliqué Andreas Kääb, glaciologue à l’Université d’Oslo en Norvège.

Le satellite Sentinel-2 de l’Agence Spatiale Européenne (ESA) a pu capturer une image de l’étendue des dégâts, le 21 juillet dernier, quatre jours seulement après l’avalanche de glace. Pour comparer la situation de la région avant les dégâts, l’instrument « Operational Land Image » du satellite Landsat 8 de la Nasa avait capturé cette même région quelques jours avant l’avalanche, le 24 juin 2016. La différence est frappante et l’on se rend vite compte de la puissance du phénomène, dont les causes restent encore assez floues. « Scientifiquement parlant, c’est un nouveau territoire. Nous ne savons pas pourquoi tout un pan du glacier se cisaille de cette façon. Nous ne pensions déjà pas cela possible avant l’avalanche du Kolka en 2002 » a expliqué Andreas Kääb.

L’analyse satellitaire menée par l’équipe d’Andreas Kääb a montré des signes de changement au cours des semaines avant que l’avalanche ne se produise. Seulement habituellement, ces changements impliquent un écoulement progressif et lent, et pas violemment comme ce fut le cas en juillet dernier. Pour Tian Lide, glaciologue à l’Académie chinoise des sciences, cette avalanche est « déconcertante« . « Pour des raisons de sécurité, nous n’avons pas encore pu atteindre la partie supérieure du glacier. Dès que cela sera possible, nous nous y rendrons pour tenter d’avoir plus d’indices sur ce qui a provoqué cette avalanche » a-t-il déclaré au site Earth Observatory de la Nasa.

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24 juin 2016 / Crédit : Nasa

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21 juillet 2016 / Crédit : Nasa

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