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L’origine de l’eau sur Terre : naturelle ou extra-terrestre ?

Crédits : Pixabay

Les comètes et les astéroïdes expliqueraient l’origine de l’eau sur Terre. Cependant, de l’eau primordiale dans le manteau profond terrestre semble remettre en question cette théorie.

L’eau a-t-elle toujours été présente sur Terre ou est-elle d’origine extra-terrestre ? Jusqu’alors, les scientifiques penchaient pour la deuxième hypothèse. En effet, pendant que les planètes se formaient, le rayonnement du Soleil a fait évaporer l’eau du Système solaire interne, auquel la Terre appartient. Notre chère planète bleue ne l’aurait donc pas toujours été. Elle se serait formée à partir de fragments de roches relativement sèches. L’eau serait arrivée bien plus tard, grâce à des astéroïdes ou des comètes glacées, voire les deux. Mais peut-on pour autant exclure l’hypothèse d’une eau primordiale, présente lors de la formation de la Terre ? Le docteur Lydia Hallis, de l’institut d’astronomie à l’université de Hawaii et son équipe en ont trouvé des traces en étudiant des roches de l’île de Baffin au Canada.

Il est possible de savoir si cette eau est d’origine primordiale ou bien issue de corps célestes. Dans les océans, la plupart des molécules d’eau (H2O) sont constituées d’atomes d’hydrogène (H), eux-mêmes composés d’un proton et d’un électron. Cet hydrogène possède également des « variantes » ou isotopes comme le deutérium (D). Ce deutérium est en fait un atome d’hydrogène avec un neutron en plus. Cet isotope est capable de remplacer les atomes d’hydrogène dans une molécule d’eau (D2O). Une technique consiste à calculer le rapport entre le deutérium et l’hydrogène (D/H) et le comparer avec d’autres corps célestes pour voir si l’origine de l’eau est la même. Grâce à cela, des scientifiques ont découvert la présence d’une eau sur la comète 103P/Hartley 2 semblable à celle de nos océans.

Il est donc peu probable que les océans soient d’origine primordiale puisqu’ils ont sûrement interagi avec des astéroïdes et/ou comètes riches en eau. Lydia Hallis et son équipe ont décidé d’étudier des roches issues du manteau inférieur, remontant à la formation de la Terre, qui n’auraient que très peu interagi avec l’extérieur. Ils ont posé pied sur l’île de Baffin où les roches ont été remontées à la surface par d’anciennes éruptions volcaniques. Ils y ont trouvé des traces d’eau dont le rapport D/H est bien inférieur à celui que l’on observe dans les différents corps célestes. « Ces molécules d’eau ont […] été probablement apportées par la poussière qui existait dans un disque autour du Soleil avant que les planètes ne se forment », explique le docteur Hallis. « Au fil du temps, cette poussière riche en eau a été lentement amassée pour former notre planète ».

Même si la cause extra-terrestre n’est pas à mettre de côté, cette étude montre que la Terre aurait partiellement gardé son eau primordiale. Une partie se serait évaporée lorsque la Terre était recouverte d’un océan magmatique. Mais il reste à prouver que cette eau soit en quantité non négligeable. Si tel est le cas, cela impliquerait que certaines exoplanètes, planète située en dehors du Système solaire, pourraient également être riches en eau, et qui sait, peut-être abriter une forme de vie ?

Par Dylan Beiner-Molière

Sources : science.sciencemag.orgsci.esa.intifa.hawaii.edu