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L’iode contenu dans les poussières désertiques serait un destructeur efficace de l’ozone

Atacama
Crédits : Pixabay.

L’iode transporté par les poussières désertiques tend à épurer l’atmosphère de certains polluants gazeux comme l’ozone (O3). Toutefois, il augmente également la durée de vie des gaz à effet de serre tels que le méthane. C’est ce qu’ont permis de préciser des mesures de terrain dont les tenants et aboutissants ont été discutés dans une étude parue ce 22 décembre dans la revue Science Advances.

Le cycle de l’iode et son rôle dans le système climatique sont encore assez mal connus. À cet égard, des chercheurs avaient récemment suggéré que les particules iodées émises par les océans pouvaient avoir un impact sensible sur les nuages bas dans la région polaire nord et probablement même au-delà.

Du lien entre le cycle de l’iode et de l’ozone

Un groupe de scientifiques vient désormais d’identifier une interaction jusqu’alors inconnue impliquant les poussières désertiques. En effet, des réactions chimiques spécifiques se mettent en place lorsque ces dernières sont soulevées par les vents. L’iode s’échappe alors des particules et vient enrichir sous sa forme gazeuse l’air environnant. Ce processus est responsable d’une chute sensible de la concentration en ozone et permet d’expliquer pourquoi les panaches de poussières désertiques ont des contenus en O3 aussi bas.

comète atacama iode
Crédits : grebmot/pixabay.

Le mécanisme a été mis en évidence grâce aux données récoltées dans le cadre de la campagne scientifique TORERO (acronyme anglais pour Tropical Ocean Troposphere Exchange of Reactive Halogens and Oxygenated Hydrocarbons) effectuée dans les déserts d’Atacama et de Sechurapar. Cependant, les observations ne permettent pas de bien comprendre comment se produit le transfert d’iode entre les poussières et l’air ambiant. « J’ai plus de questions à la fin du projet qu’au début », souligne à ce titre Theodore Koenig, auteur principal du papier. « Mais ce sont de meilleures questions, plus spécifiques ».

La complexité de la chimie atmosphérique

Appréhender la façon dont s’articule le cycle mondial de l’iode est important à bien des égards. Ainsi que le montrent par exemple ces résultats, il interagit avec l’ozone, un gaz à effet de serre et un polluant notoire lorsqu’il se trouve dans la basse atmosphère. De plus, l’iode tend à diminuer les niveaux atmosphériques en radical hydroxyle (OH), lequel influence la durée de vie de plusieurs gaz à effet de serre. Indirectement, une hausse de l’iode peut donc augmenter la persistance des composés responsables du réchauffement climatique. Enfin, la couche d’ozone semble également influencée.

Quand on sait que la quantité d’iode atmosphérique a triplé depuis 1950 en raison de la pollution anthropique et de la diminution des glaces polaires, on comprend pourquoi le sujet gagne autant d’importance depuis quelques années. « Nos données suggèrent que la réduction d’iodate pour former des espèces volatiles d’iode est un processus manquant dans le cycle géochimique de l’iode et constitue une source éolienne d’iode non reconnue », rapporte l’étude dans son résumé.