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Les gaulois avaient-ils leur propre écriture ?

Le guerrier gaulois Vercingétorix déposant les armes aux pieds de Jules César. Bataille d'Alésia, 52 av. J.-C. / Crédits : Gordon Dylan Johnson/openclipart

Jusqu’à l’invasion de l’Empire romain au 1er siècle av. J.-C., l’écriture demeurait quasiment absente des us et coutumes du peuple gaulois. Le remaniement politique et social qui en suivi donna naissance à la langue gallo-grecque. Toutefois, les scientifiques en savent encore peu sur ce langage, les vainqueurs écrivant toujours l’histoire, effaçant celle des conquis. Néanmoins, des archéologues ont retrouvé quelques inscriptions gauloises, faisant davantage la lumière sur leur méthode de diffusion manuscrite et leur graphie.

Une transmission verbale du savoir

La société gauloise a toujours privilégié la transmission orale, notamment les druides qui redoutaient que leur art sacré soit popularisé. Leurs récits et leur savoir étaient donc véhiculés par la parole de génération en génération, évitant ainsi la diffusion excessive ou l’appropriation de leurs connaissances par d’autres sociétés.

Carte Gaule
L’étendue des peuples gaulois. Crédits : Patotable4/Wikimedia

L’écriture face à l’envahisseur

Rien n’était transcrit par écrit avant la fondation de Marseille vers 600 av. J.-C.. Là encore, contrairement aux populations ibériques et italiques qui se sont rapidement nourries des graphies présentes chez les puissants peuples de l’écriture, à savoir les Phéniciens et les Grecs, les Gaulois restaient réticents à l’idée d’une communication écrite. Il a fallu attendre la conquête romaine du Ier siècle av. J.-C. pour qu’une écriture construite, le gallo-grec, fasse son apparition en Gaule. Les savants ayant travaillé sur le gallo-grec ont émis l’hypothèse d’une langue dérivée du grec hellénistique (période historique du IVe au 1er siècle av. J.-C.). Par conséquent, les Gaulois se sont servis de l’alphabet grec qui aurait été bien plus approprié à leur phonétique que ne l’était celui du peuple ibérique.

N’allons néanmoins pas croire que nos ancêtres ne disposaient d’aucun support manuscrit avant l’arrivée de Jules César. Les archéologues ont en effet découvert du côté sud de la Gaule de l’époque des mots gaulois en caractères grecs apposés sur des tombes, des poteries et de la monnaie.

Le propre d’une culture s’appropriant peu à peu l’écriture est le développement des écrits aux niveaux politiques et économiques. Ce faisant, le gallo-grec s’est étendu à travers tous les peuples de la Gaule. Il s’agissait d’une manière de s’affirmer face à la domination romaine et de se différencier en temps que culture à part entière. Même lors de la christianisation du continent, l’essor linguistique gaulois présupposait un éveil culturel et une appétence à conserver une identité propre. L’écriture gauloise s’est éteinte après quatre siècles de romanisation, les Romains imposant leurs mœurs aux civilisations conquises.

Vercingétorix gaulois
Statue de Vercingétorix, Côte-d’Or, France / Crédits : Carole Raddato/Wikimedia

Les mots d’origine gauloise, toujours présents dans la langue française

Dans la langue française moderne, on compte environ 150 mots employés d’origine gauloise. Des mots tels que « truand », « magouille », « boue », « ruche », « tonneau » ou encore « cervoise » en sont des exemples.

Qui dit « gaulois » pense par ailleurs immanquablement à Astérix, le personnage mondialement célèbre créé par Uderzo et Goscinny, et à cette locution : « Par Toutatis ! ». Cette dernière a néanmoins été inventée, les auteurs s’inspirant toutefois du dieu guerrier celte Teutatès, représenté par un sanglier sur plusieurs sculptures (cela ne vous rappelle-t-il d’ailleurs pas un certain personnage sculpteur de menhirs assisté par son fidèle compagnon à poil blanc ?)

Astérix Obélix gaulois
Crédits : Ralphs_Fotos/pixabay