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L’élimination de neurones morts par le cerveau filmée pour la première fois

Vue d'artiste d'un neurone. Crédits : Nicolas P. Rougier/wikipédia

Pour la première fois, une équipe de chercheurs a réussi à filmer le processus d’élimination de neurones morts dans le cerveau de plusieurs souris.

La mort cellulaire est un processus naturel. Chaque jour, dans notre cerveau, des milliards de neurones passent ainsi de vie à trépas. Un système d’élimination des déchets cérébraux permet alors de s’en débarrasser, empêchant finalement ces cadavres toxiques de boucher nos voies biologiques.

Néanmoins, ce processus d’élimination qui intervient après la mort cellulaire est encore très incompris. Pour mieux l’appréhender, l’idéal serait de pouvoir l’observer directement en action.

Des chercheurs de l’école de médecine de Yale (États-Unis) ont ainsi réussi à capturer en vidéo la manière dont le cerveau des souris se débarrasse de ces neurones.

« C’est la première fois que le processus est observé dans un cerveau de mammifère vivant », explique le neurologue Jaime Grutzendler, principal auteur de ces travaux.

Travail coordonné

Dans le cadre de cette étude, les chercheurs se sont concentrés sur une unique cellule cérébrale à chaque fois, grâce à une technique appelée 2Phatal. Puis, grâce à des marqueurs fluorescents, ils ont suivi le comportement de plusieurs cellules gliales, en charge de nettoyer le cerveau.

Les chercheurs ont alors découvert que trois types de cellules gliales – microgliocytes, astrocytes et cellules NG2 – étaient impliqués de manière coordonnée dans le processus d’élimination cellulaire.

Ils ont en effet observé une microglie engloutir le corps des neurones ainsi que leurs branches principales (dendrites), tandis que les astrocytes ciblaient les plus petites dendrites connectées, pour ensuite les éliminer.

Le rôle des cellules gliales est encore mystérieux. Néanmoins, les chercheurs soupçonnent qu’elles pourraient aider à empêcher la propagation des débris de cellules mortes.

Autre point intéressant : il a été constaté que si une cellule gliale manquait un neurone, pour une raison quelconque, d’autres cellules pouvaient prendre le relais pour assurer le processus d’élimination des déchets. Pour les chercheurs, il est donc possible que les cellules gliales puissent communiquer entre elles (d’une manière encore indéterminée).

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Crédits : geralt/Pixabay

Un processus moins efficaces avec l’âge

Enfin, il a été souligné que les cellules gliales de souris plus âgées étaient moins efficaces pour éliminer les cellules neuronales mortes (environ deux fois plus lentes). Selon l’équipe, ce phénomène pourrait endommager le système nerveux, et finalement jouer un rôle important dans le développement de maladies neurodégénératives qui surviennent avec l’âge.

La grande question est : si nous pouvions continuer d’éliminer efficacement toutes ces cellules mourantes, pourrions-nous prévenir ces maladies ? Nous pourrions en effet imaginer de nouveaux traitements capables de prendre en charge ce processus de nettoyage cérébral. C’est encore beaucoup trop tôt pour le dire. Pour l’heure, ces travaux n’ont été menés que chez la souris.

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