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Le sperme des chats mâles âgés serait porteur de nombreuses mutations

Crédits : Pan American Health Organization (PAHO) / Flickr

Comme chez les hommes, le temps qui passe a un effet sur le sperme des chats mâles. Selon une étude étasunienne, la division cellulaire nécessaire à la production des gamètes a tendance à engendrer des mutations. Ainsi, les erreurs et d’aberrations génétiques sont plus nombreuses et peuvent impacter la descendance des félins.

Tous les mammifères sont potentiellement concernés

Si l’horloge biologique titille très souvent les femmes, les hommes sont aussi concernés. Plus le temps passe, plus la production des gamètes est susceptible de comporter des erreurs. Effectivement, la division cellulaire peut davantage « se tromper ». Autrement dit, plus un homme prend de l’âge, plus ses cellules spermatiques auront fait l’objet d’un renouvellement. Cela peut alors occasionner une accumulation d’erreurs et d’aberrations génétiques. Or, ces aberrations peuvent avoir une incidence plus ou moins prononcée sur la descendance de l’individu. Certaines études établissent par exemple une corrélation avec certains troubles neuro-développementaux tels que l’autisme et la schizophrénie.

Jusqu’à aujourd’hui, les travaux ayant permis de telles conclusions avaient été menés sur des primates. Toutefois, une étude publiée sur la plateforme bioRxiv le 6 avril 2021 concerne quant à elle les chats domestiques mâles. Les chercheurs de l’Université de l’Indiana (États-Unis) laissent entendre que ce phénomène pourrait être commun à l’ensemble des mammifères, voire à l’intégralité des animaux produisant des spermatozoïdes.

division cellulaire
Crédits : Steven Glenn / Pixnio

Des risques accrus de trisomie 21 ?

Selon ces recherches, le taux de mutation par génération chez le chat est légèrement inférieur à celui que l’on observe chez l’humain. Malgré cela, en considérant une maturation sexuelle plus rapide chez ces félins, il semble que les résultats restent cohérents. Les scientifiques ont analysé le génome de pas moins de onze groupes de chats (père, mère et chatons). En moyenne, 70 % des mutations présentes chez les chatons proviennent des pères. Or, plus ces derniers sont âgés, plus les petits comportent des mutations. Le fait est que cette proportion est similaire chez les humains, pour lesquels 80 % des mutations d’un individu ont pour origine le père. Et pourtant, aucun des deux parents ne possédait ces mutations dans leur propre patrimoine génétique. Il est donc ici question de mutations dites « de novo » (ou néo-mutations).

Le processus cellulaire n’est pas continu dans les ovules, avec un blocage des gamètes au tout dernier stade de la division cellulaire. Ainsi, les mutations à très grande échelle synonymes d’anomalies chromosomiques sont bien plus susceptibles d’apparaître dans le sperme. Selon les chercheurs, le syndrome de Down (ou trisomie 21) est la plus célèbre des pathologies que ces mutations peuvent entraîner. Néanmoins, cette étude doit être prise avec des pincettes puisqu’elle a pour l’instant seulement fait l’objet d’une prépublication et est en attente de validation par des pairs.