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La NASA désire acheter du sol lunaire à des sociétés privées

Crédits : dunc/Pixabay

L’Agence Spatiale des États-Unis a lancé un appel d’offres inédit. Il s’agit de rémunérer des sociétés pour se rendre sur la Lune et prélever des échantillons lunaires. L’objectif ? Avancer sur la stratégie de développement des capacités d’exploitation des ressources minières dans l’Espace.

Prouver la technologie, faire des économies

Dans un tweet publié le 10 septembre 2020, l’administrateur de la NASA Jim Bridenstine a déclaré que l’agence désirait acheter du sol lunaire à des fournisseurs commerciaux. Cette publication fait suite à un appel d’offres diffusé sur la plateforme beta.SAM.gov. Il s’agit là d’une nouvelle preuve que les États-Unis désirent devenir le leader en matière d’exploitation des ressources lunaires (et spatiales).

La NASA veut donc payer des entreprises privées afin que ces dernières organisent des expéditions pour prélever des échantillons. Pour l’agence, il s’agit de réduire les coûts. L’appel d’offres invite donc ces sociétés à présenter leurs propositions visant à collecter un échantillon de poussière lunaire (ou régolithe) d’une masse comprise entre 50 et 500 grammes.

Après la collecte des échantillons et leur retour sur Terre, la NASA en deviendra propriétaire. Par ailleurs, l’agence versera 20 % du montant prévu dans le contrat avant la mission et le reste à la fin. Une date limite a été communiquée, à savoir avril 2024 tandis que l’expédition sera documentée en images. En tout cas, l’objectif semble être de prouver la technologie destinée à l’exploitation future de la Lune, de Mars et des astéroïdes. Toutefois, la NASA n’a pas précisé à quoi les premiers échantillons allaient servir.

vidéo 4K Lune
Crédits : capture Youtube / NASA

Un nouveau modèle économique

La NASA a donc choisi un tout nouveau modèle économique. En effet, l’agence ne désire plus assumer seule la totalité des coûts de développement et d’opérations d’une mission. Ce nouveau créneau vise donc à attribuer des contrats de service à des sociétés spatiales privées. Quant au fait que les États-Unis désirent devenir leader dans le domaine, cette vision est encouragée par les accords d’Artemis évoqués il y a quelques mois. Or, ces accords pourraient entrer en conflit avec le traité de l’espace de 1966, stipulant que l’espace n’appartient à personne puisqu’aucun lieu ne peut devenir une propriété privée.

Enfin, un mot sur le régolithe. Selon l’Agence Spatiale Européenne (ESA), il s’agit d’une ressource pouvant servir comme matériau de base à la construction d’une base sur la Lune grâce à l’impression 3D. En revanche, cette poussière minuscule composée de fragments de micrométéorites ressemblant à du verre est très collante et abrasive. Le régolithe représente donc aussi une menace pour les astronautes (inhalation), leur propre système de survie mais aussi les panneaux solaires, les surfaces de contrôle thermique, ce qui peut être problématique dans le cadre du fonctionnement d’une base.