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La Chine construit des îles artificielles pour occuper une zone de discorde

Crédits : Center for Strategic and International Studies, via Digital Globe

La Chine est actuellement en train de construire une île artificielle en Mer de Chine méridionale, au niveau des îles Spratleys. Il s’agit de poursuivre le projet d’asseoir la souveraineté de la Chine dans une zone disputée depuis des décennies.

Des photos satellites ont été saisies (puis publiées dans le New York Times) par la société américaine Digital Globe spécialisée dans l’imagerie spatiale, ciblant un récif au milieu des îles Spratleys, zone de discorde entre quatre pays : la Chine, Taïwan, les Philippines et le Vietnam (ainsi que la Malaisie et le sultanat de Brunei dans une moindre mesure). Les images ont été analysées par le cercle de réflexion américain spécialisé en politique étrangère, Center for Strategic International Studies (CSIS).

Le récif visé se nomme Mischief, mesurant 9 km de long et 6 km de large. Les images prises montrent l’évolution du récif entre janvier 2012 et mars 2015, qui par une polderisation lente, se transforme petit à petit en île. En effet, il est possible de voir aujourd’hui des bandes de terre apparaitre (résultat du dragage intensif), puis des digues fortifiées ainsi que des équipements de construction.

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Crédits : Center for Strategic and International Studies, via Digital Globe

La Chine est accusée de construire une « grande muraille de sable », vous aurez compris le jeu de mots. Les tensions entre Américains et Chinois augmentent alors que la Chine revendique 90 % des îles Spratleys, où se joue une véritable guerre de position entre les différents pays revendicateurs, avec les États-Unis comme observateur :

« Nous sommes inquiets quand la Chine ne s’en tient pas nécessairement aux normes et aux règles internationales, et quand elle utilise sa taille considérable et ses muscles pour contraindre des États à adopter une attitude de subordination » a déclaré le président Barrack Obama.

Selon Hua Chunying, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, la Chine veut entretenir une présence militaire dans la zone et y mettre en place des services civils pour la pêche ou la navigation, pouvant servir aux autres états de la région.

Les îles Spratleys sont un territoire d’une superficie de 5 km² éclaté en plus de 750 petites îles et îlots coralliens couvrant une zone de 500 km de long sur 400 km de large. Ces îles abritent une population d’environ 2200 habitants appartenant aux états revendicateurs, sous forme de garnisons armées. Il y aurait alors environ 1500 Vietnamiens, 450 Chinois, une centaine de Malaisiens, une vingtaine de Brunéiens et une centaine de Philippins.

Difficilement habitable, l’archipel intéresse ces états pour sa gigantesque zone économique exclusive (ZEE) de 439 820 km2. Cette zone renfermerait des ressources considérables en pétrole et en gaz naturel tandis qu’il s’agit de la zone la plus fournie en ressources halieutiques (pèche). De plus, les îles Spartleys sont un point de passage de plusieurs voies maritimes très importantes constituant un enjeu géostratégique de premier plan.

Quoi qu’il en soit, la Chine poursuit sa progression dans les îles Spratleys puisque dernièrement, d’autres photos satellites montrent la présence de deux quais, une usine de ciment ainsi qu’une plateforme pour hélicoptères sur un rocher du Hughes Reef alors que l’on trouve la même chose sur d’autres îlots : Fiery Cross Reef, Gaven, et Cuarteron Reef.

Sources : Courrier International — Le Figaro — New York Times