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Des kits pour analyser la composition des drogues distribués au Royaume Uni

Crédits : the3cats / Pixabay

Au Royaume-Uni, une association a effectué une approche encore inédite à ce jour : vendre pour 3,80 euros pièces des kits destinés aux étudiants dans le but de les sensibiliser à la qualité des drogues.

Que vous approuviez ou non l’usage des drogues, tout le monde s’accordera pour penser qu’il faille savoir ce que ces substances contiennent réelkement, ainsi que leur niveau de qualité. Les drogues chimiques circulent dans les soirées étudiantes au Royaume-Uni mais peu de jeunes s’intéressent à leur qualité.

Ainsi, l’association Students For Sensible Drug Policy (SSDPN) a tenté une approche, dans l’université de Newcastle, destinée à rendre les étudiants plus responsables face aux drogues. Cette association a lancé un nouveau programme de sensibilisation : « Test your drugs, don’t test yourself » (« testez vos drogues, ne vous testez pas vous-même »). L’université de Newcastle est la première faculté à autoriser ce type d’opération. Voici une déclaration d’Holly Robinson, présidente de la SSDP :

« En septembre dernier, on a fondé l’association SSDP de Newcastle au sein du syndicat étudiant, et nous avons réussi à avoir assez de membres pour la ‘ratifier’. Ce qui signifie qu’on a pu avoir accès au système de financement qui nous permet de demander une bourse spéciale. Nous avons eu l’idée de fournir des kits pour tester les drogues, donc nous avons déposé une candidature pour obtenir des fonds, qui a été acceptée.

Puis nous avons contacté EZ Test Kits [l’entreprise qui fabrique ces kits, ndlr] pour passer une commande groupée chez eux, et comme nous avons acheté des kits en très grand nombre, nous avons réussi à les obtenir pour moins de la moitié de leur prix d’origine… ce qui les rend plus accessibles aux étudiants ».

Deux kits disponibles pour 3,80 euros seront destinés à tester les drogues suivantes : l’ecstasy et la kétamine. Le kit « ecstasy » permet, pour sa part, de tester la PMMA, une drogue puissante souvent dealée à tort sous l’appellation MDMA, ayant déjà de nombreux décès à son actif au Royaume-Uni.

Le dernier décès en date est celui d’une jeune fille de 17 ans, intervenu il y a une semaine, cette dernière ayant consommé une sorte d’ecstasy baptisée « Mastercard », en compagnie de deux autres étudiants également hospitalisés. Cette drogue est suspectée de contenir une forte concentration en PMMA à la place de la MDMA.

Ces kits sont destinés le plus souvent aux étudiants de première année, qui sont souvent les plus vulnérables et les plus curieux. Ainsi, leur faire tester une drogue pourrait les rendre plus méfiants à l’avenir quant à la quantité de drogues « étranges » circulant à l’extérieur, souvent vendues en jouant sur les modes et tendances du moment. Dans le futur, peut-être que d’autres universités adopteront ce genre de programme.

Sources : Le FigaroKonbini