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Irma, Harvey, Katrina… qui choisit le nom des cyclones ?

Crédits : Pixabay

Le Texas et la Louisiane se remettent à peine d’Harvey qu’une nouvelle menace plane déjà sur les côtes américaines. Le système cyclonique Irma ne cesse en effet de se renforcer et devrait passer par les Antilles (la Guadeloupe est en alerte) avant de venir frapper la côte est des États-Unis. Harvey, Irma .. Outre leurs effets destructeurs, vous vous êtes peut-être déjà demandé pourquoi les tempêtes et les anticyclones avaient de tels prénoms. Et d’ailleurs, comment sont-ils attribués ?

À l’origine, en Europe, les tempêtes étaient nommées en fonction de l’année est d’une lettre de l’alphabet. Ce n’est que dans les années 1950 qu’une météorologue allemande (étudiante à l’époque) a proposé de donner des noms aux tempêtes afin de rendre plus efficace et plus simple la lecture des cartes météorologiques. « L’expérience montre que l’usage de noms courts et distinctifs permet d’aller plus vite dans les communications orales et écrites et d’éviter les erreurs. Le bénéfice est particulièrement important pour échanger des informations détaillées entre des centaines de stations d’observations, bases côtières et navires en mer. L’usage de noms faciles à retenir réduit aussi beaucoup le risque de confusion quand deux cyclones tropicaux arrivent en même temps », explique le Centre national des ouragans qui surveille et étudie les tempêtes tropicales en Floride.

D’accord. Mais qui choisit les prénoms exactement ? Au XIXe et au début du XXe siècle, on donnait aux cyclones le nom du saint fêté le jour de la catastrophe. Des listes officielles de prénoms aujourd’hui sont dressées à l’avance pour que les tempêtes puissent être nommées dès qu’elles deviennent cyclones tropicaux. L’organisme chargé d’établir ces listes annuelles dépend de l’océan et du « bassin » dans lequel se forme l’ouragan. Il en existe cinq qui comptent des représentants de chaque pays concerné et qui se réunissent une à deux fois par an :

— Le Comité des cyclones tropicaux pour le sud-ouest de l’océan Indien
— Le Panel des cyclones tropicaux pour les cyclones proches des côtes indiennes
— Le Comité des typhons pour le Pacifique nord-ouest et la mer de Chine méridionale
— Le Comité des ouragans pour les tempêtes atlantiques et pacifiques touchant le continent américain
— Le Comité des cyclones tropicaux pour le Pacifique et l’océan Indien côté Australie

Pour les ouragans de l’océan Atlantique par exemple, le Comité des ouragans établit une liste de prénoms pour six ans avec une progression alphabétique et une alternance masculin-féminin. On préfère généralement des noms courts, ne dépassant jamais trois syllabes et jamais de noms composés. Toutes les lettres sont utilisées à l’exception des lettres Q, U, X, Y, Z, parce que peu de prénoms débutent par ces lettres, ce qui fait au total 21 noms par liste. Si l’année cyclonique est anormalement active avec plus de 21 systèmes nommés, on a alors recours aux lettres de l’alphabet grec : alpha, bêta, gamma, delta, epsilon, etc. Dans six ans, en 2023, on reviendra au début du cycle et l’on réutilisera les mêmes prénoms pour les nouveaux ouragans, en écartant soigneusement ceux qui ont fait de réels dégâts.

Concernant les tempêtes qui touchent le Vieux Continent, c’est l’institut allemand de météorologie dépendant de l’université de Berlin qui se charge de prénommer les anticyclones et dépressions. Tout le monde peut lui proposer un prénom via le programme « Adopte un vortex », contre une participation financière qui aide à financer les recherches de l’institut. Il faut payer environ 199 € pour une tempête ou 299 € pour un anticyclone. Il vous suffit alors de respecter le principe de nom féminin ou masculin en fonction des années paires ou impaires. Noms composés, noms de famille, et nom de marques ne sont pas autorisés. C’est ainsi que les tempêtes de fin décembre 1999 ont été nommées Lothar et Martin, ou que la tempête qui a traversé la France le 23 janvier 2009 a été appelée Klaus, suite à l’achat du nom par un allemand nommé Klaus Schümann.

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