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Hawaï : Les traces d’un tsunami géant vieux de 500 ans

Crédits : WikiImages / Pixabay

Une étude publiée récemment suggère que les débris océaniques retrouvés sous une doline de l’île de kauai proviendraient d’un tsunami géant ayant frappé l’archipel d’Hawaï voilà 500 ans. L’éventualité d’un évènement similaire a encouragé les autorités à revoir leurs plans d’évacuation d’ici la fin de l’année.

Les premiers indices d’un paléo-tsunami colossal furent révélés à la toute fin du 20ème siècle à l’occasion d’excavations sur le site de Makauwahi, une doline calcaire de l’île de Kauai. Les fouilles avaient mis à jour quantité de fragments de corail et de carapaces de mollusques sous la doline effondrée, pourtant située à 7 mètres au-dessus du niveau de la mer et à plus de 100 mètres des rivages actuels de l’île. La datation des fragments au carbone 14 avait permis de situer leur arrivée sur l’île entre 1425 et 1665, sans pouvoir certifier la piste du tsunami.

Il aura fallu le séisme de Tohoku pour que Rhett Butler, premier auteur de l’étude, reconsidère la question. « [le séisme du Japon] était plus puissant que ce que tous les sismologues ou presque auraient imaginé. En voyant les dégâts causés, j’ai commencé à me demander : faisons-nous les choses correctement à Hawaï ? Nos zones d’évacuations sont-elles appropriées ? »

Les méthodes de prévention actuelles furent mises en place suite au tsunami qui a frappé l’archipel en 1946, causant 159 victimes. Le raz-de-marée avait été engendré par un séisme de magnitude 7.8 dans les îles Aléoutiennes cinq heures plus tôt. Dans la mesure où un évènement plus violent venait à se produire, le programme moderne pourrait donc se révéler insuffisant.

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Crédits : Wikipedia

Butler et son équipe ont alors utilisé des modèles simulant les séismes d’importance (entre 9.0 et 9.6 de magnitude) provenant entre autres de la ceinture de feu du Pacifique ; les résultats montrent que de tels séismes pourraient créer des vagues de 9 mètres de haut venant frapper les côtes Hawaïennes, et donc atteindre la doline de Makauwahi. L’étude permit de confirmer aussi bien la piste du tsunami que l’efficacité relative des mesures d’urgence en pareil cas ; d’après Rhett Butler, les données ont convaincu le gouvernement d’adopter de nouveaux plans d’évacuations à la fin de cette année.

Les recherches indiquent par ailleurs qu’un tel évènement est rare et ne survient qu’une fois en 1000 ans, ramenant à 0.1% les chances de le voir se produire sur une année donnée ; le géophysicien Gerard Fryer, du Centre d’Alerte Tsunami Pacifique, rappelle néanmoins que le tsunami qui a dévasté les côtes japonaises en 2011 rentrait dans cette catégorie.

Sources : LiveScience, AGU

– Illustration : isamiga76