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17 personnes ont été sciemment infectées par des vers pour tenter de trouver un remède à une maladie mortelle

Crédits : Nibsc / Science Source

La schistosomiase est une maladie parasitaire qui touche des centaines de millions de personnes dans le monde, tuant chaque année plusieurs milliers d’entre elles. Dans l’espoir d’aider les chercheurs à développer un vaccin, 17 volontaires ont accepté de laisser les médecins les infecter avec les vers parasites pendant 12 semaines.

Dix-sept volontaires originaires des Pays-Bas ont accepté, pour la science, d’héberger des vers parasitaires dans leur corps pendant 12 semaines. Le but : aboutir à un vaccin contre la schistosomiase, l’une des maladies parasitaires les plus dévastatrices au monde. Aussi connue sous le nom de fièvre d’escargot, cette maladie est causée par les schistosomes, de petits vers parasitaires libérés par des gastéropodes d’eau douce. Ces derniers entrent dans le corps humain à travers la peau lorsqu’une personne est en contact avec une eau infestée, avant de pondre des œufs. S’ensuivent une insuffisance rénale, un cancer de la vessie, ou encore une infertilité. Au moins 206,5 millions de personnes avaient besoin d’un traitement en 2016.

Notons aussi que ces petits vers parasitaires peuvent également avoir un impact sur la croissance physique et la capacité d’apprentissage des enfants infectés. La maladie est notamment particulièrement fréquente en Afrique subsaharienne et en Amérique du Sud. L’idéal serait donc de mettre au point un vaccin. Problème, la mise en place de tests cliniques dans les zones les plus touchées coûterait des millions. C’est là que les 17 volontaires néerlandais entrent en jeu.

La médecin spécialiste des maladies infectieuses, Meta Roestenberg, du Centre médical de l’Université de Leiden aux Pays-Bas, avance en effet que si nous pouvons montrer que de jeunes adultes en bonne santé peuvent supporter l’infection, les médecins pourraient alors prouver qu’il existe un moyen rapide et peu coûteux de tester les vaccins contre la schistosomiase. À cette fin, ils ont introduit 20 larves mâles dans chacun des 17 participants. Ces larves ne peuvent pas se reproduire et à la fin du test, les médecins administreront un médicament appelé Praziquantel pour tuer tous les parasites restants. La spécialiste des maladies infectieuses a toutefois tenu à rassurer que les risques sont extrêmement faibles pour les volontaires.

Après huit semaines d’étude, aucun rapport de volontaires – dont chacun est payé environ 1 000 euros pour sa participation – n’établit une réaction plus forte aux parasites qu’une éruption cutanée légère et une fièvre mineure.

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