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George, 73 ans, profession : « accumulateur compulsif »

Crédits : levelord / Pixabay

Georges est un vieux londonien qui ne jette strictement rien. Un accumulateur qui garde tout depuis des années. Le principe d’utilité à chaque chose semble guider cet homme de 73 ans vivant pourtant dans l’inconfort.

Georges Fowler habite un logement social, grande maison de quatre pièces au nord de Londres. Ce vieux monsieur élégant aime prendre soin de lui et soigner son apparence, alors que son domicile est loin d’être à son image. En effet, seule sa chambre et sa salle de bains sont fonctionnelles, les autres pièces servant de débarras mêlant bouteilles en plastique, cadres de vélos, meubles en tout genre, multitude de vieux journaux et paires de chaussures. Habillé comme un prince, il vivrait comme un clochard dans sa sphère privée.

Il serait atteint d’accumulation compulsive (« compulsive hoarding »), soit un « horder » (entasseur). Il s’agit d’un comportement inadapté d’accumulation d’objets inutiles et/ou sans valeur ayant pour conséquence une obstruction du lieu de vie, des accès notamment. Généralement la personne ne s’en rend pas vraiment compte. Bon nombre d’émissions de télévision se seraient penchées sur le sujet aux États-Unis tandis qu’aujourd’hui, le Royaume-Uni propose un traitement.

Selon Georges, « Le monde n’a jamais été aussi riche. Aujourd’hui, on produit trop de choses, qui aboutissent directement dans les décharges. C’est complètement irresponsable. C’est la fin logique et merveilleuse du capitalisme. »

Le système actuel prônant la surconsommation ne lui plait pas, mais il refuse de se séparer des objets qu’il ramasse ci et là, accumulant toujours plus. En réalité, il veut redonner vie aux objets, leur donner une nouvelle utilité. Le problème est qu’il est impossible pour lui de s’organiser pleinement, tant le travail que représente le tri est gigantesque, en plus du manque de place. Il accepte alors de vivre dans un environnement inconfortable ou du moins de sacrifier autant d’espace à stocker toutes ces choses. Il arrive malgré tout à fonctionner à sa façon, il est possible de citer sa baignoire servant à faire la vaisselle, faire la lessive, réparer les vélos… et accessoirement, y prendre un bain ! Il s’assoit généralement devant, prend ici ses cafés et fume ses cigarettes.

Une photographe londonienne Paula Salischiker, dont la spécialité est de visiter des intérieurs « pas comme les autres », s’est rendue chez quelques hoarders. « L’univers (très) encombré des accumulateurs compulsifs » Le Nouvel Observateur du 19 novembre 2013.

Sources : Le MondeLe Nouvel ObservateurSanté AZ

– Illustration principale : La cuisine d’un accumulateur / mutantsupermodel.com