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Une étude évalue l’impact des eaux usées humaines sur les zones côtières

Crédits : 127071/Pixabay

Une équipe de chercheurs a estimé les quantités d’azote et d’agents pathogènes libérées dans les écosystèmes côtiers à partir de sources d’eaux usées humaines dans le monde. Ces travaux, publiés dans la revue PLOS ONE, soulignent qu’une grande partie de ces déchets non traités pollue le sud-est asiatique.

Les écosystèmes marins côtiers sont confrontés à plusieurs pressions humaines, notamment celles du changement climatique ou de la surpêche. Les facteurs de stress liés à l’agriculture, tels que le ruissellement de la pollution par les nutriments et les produits chimiques, sont également depuis longtemps reconnus comme des contributeurs majeurs à l’eutrophisation côtière, aux proliférations d’algues nuisibles ou aux zones mortes anoxiques (sans oxygène).

Contrairement aux intrants agricoles, peu d’études à haute résolution se sont en revanche concentrées sur les impacts des eaux usées humaines sur les écosystèmes côtiers.

Un tiers des rejets non traités

Pour mieux saisir ces impacts, une équipe de l’Université de Californie, à Santa Barbara, a récemment estimé et cartographié les apports d’azote et d’agents pathogènes dans l’océan à partir des eaux usées depuis environ 135 000 bassins versants dans le monde.

Bien que l’azote soit considéré comme un nutriment essentiel, il peut en effet être nocif en trop grandes quantités, favorisant les proliférations d’algues nuisibles qui entraînent à leur tour la formation de zones côtières anoxiques.

Ces analyses suggèrent que les eaux usées provenant des eaux usées humaines introduisent environ 6,2 téragrammes d’azote dans les écosystèmes côtiers par an. À titre de comparaison, cela représente environ 40% des intrants agricoles. Sur cette estimation, environ 63% de l’azote provient des systèmes d’égouts, 5% des systèmes septiques, tandis que 32% proviennent d’apports directs non traités.

Toujours selon ces travaux, les plupart des bassins hydrographiques libérant de l’azote à partir de ces eaux usées non traitées se situent en Inde, en Corée et en Chine, le fleuve Yangtze contribuant à 11% du total mondial.

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Carte globale des sources terrestres (vert au bleu) et de la diffusion côtière des apports (jaune au violet) du N total des eaux usées, mesuré en log10(gN). Les encarts illustrent des vues agrandies des rivières Gange, Danube et Yangtze montrant des panaches d’eaux usées à haute résolution. Crédits : Tuholske et coll., 2021, PLOS ONE, CC-BY 4.0

De possibles effets sur la vie marine

Les chercheurs ont également identifié plusieurs points chauds pour l’exposition des récifs coralliens à l’azote en Chine, en Haïti, en Inde, au Kenya et au Yémen. Des points chauds d’exposition aux herbiers ont également été identifiés au Ghana, au Koweït, en Inde, au Nigeria et en Chine.

« L’ampleur de l’impact des eaux usées sur les écosystèmes côtiers dans le monde est stupéfiante« , notent les auteurs. « Nos résultats identifient néanmoins les zones prioritaires à cibler pour aider les groupes de conservation marine et les responsables de la santé publique à réduire les impacts des eaux usées sur les eaux côtières de la planète« .