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États-Unis : beaucoup d’enfants pensent que les hot-dogs sont des plantes

Crédits : HannahChen/Pixabay

Une étude américaine confirme que beaucoup d’enfants âgés de quatre à sept ans sont incapables d’identifier les origines des aliments courants. Quand certains classent les hot-dogs et le bacon parmi les plantes, d’autres considèrent que les frites sont des produits animaux. Selon les chercheurs, des concepts alimentaires plus précis inculqués à cette tranche d’âge pourraient aider à normaliser les régimes respectueux de l’environnement.

Habitudes et stratégies d’atténuation du malaise

Avec au moins 14,5 % des émissions de gaz à effet de serre, la consommation humaine de produits animaux est l’un des principaux moteurs du changement climatique. En tant que tel, l’un des comportements les plus efficaces pour l’atténuer serait de considérer davantage les aliments à base de plantes. Malgré les preuves scientifiques selon lesquelles manger moins de produits d’origine animale est un comportement à fort impact, beaucoup hésitent encore à modifier leur régime.

Ce refus de réduire les aliments d’origine animale pourrait être attribué à un manque de reconnaissance du fait que la consommation de viande est liée au réchauffement climatique. Toutefois, la consommation de viande est toujours aussi répandue même chez les personnes conscientes de ces coûts environnementaux. Beaucoup mangent également des aliments entraînant la souffrance et la mort de milliards d’animaux tout en compatissant pour ces mêmes animaux, un phénomène appelé paradoxe de la viande.

Nous savons aujourd’hui par des preuves scientifiques que les adultes usent de divers moyens par lesquels ils atténuent ces considérations pour la cause animale afin que leur régime alimentaire puisse rester inchangé. La consommation de viande peut être rationalisée comme étant « naturelle, normale, nécessaire et agréable » par exemple, quand certains attribuent moins de capacités mentales aux animaux consommés tels que les poulets et les vaches par rapport aux animaux qui ne servent généralement pas de source de nourriture comme les chiens ou les dauphins.

Ces stratégies d’apaisement des sentiments négatifs à l’égard de la consommation d’animaux semblent efficaces, car la demande mondiale de viande et d’autres aliments d’origine animale ne montre aucun signe de ralentissement. Autrement dit, l’appétit pour la viande est plus fort que la volonté de changer de comportement même si cela serait bénéfique pour l’environnement, la santé ou le bien-être animal.

Finalement, il s’avère que les habitudes alimentaires à l’âge adulte sont particulièrement résistantes au changement, car beaucoup trop ancrées.

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Crédits : Free-Photos / Pixabay

Qu’en est-il des enfants ?

L’étude des croyances des enfants sur les aliments d’origine animale peut offrir un point de vue unique pour mieux comprendre cette résistance des adultes à réduire la consommation de viande et d’autres aliments d’origine animale. Et pour cause, les jeunes enfants sont encore en train de développer une compréhension complète des valeurs attachées à la viande dans leur culture. Ils peuvent également ne pas avoir accès au même ensemble de stratégies utilisé par les adultes pour atténuer le malaise généré par le paradoxe de la viande.

Malgré tout, les connaissances des enfants sur l’origine des aliments sont encore étonnamment sous-étudiées. Certaines études ont toutefois relevé quelques lacunes. Dans une vaste recherche britannique par exemple, environ un tiers des enfants âgés de 5 à 8 ans ignoraient de quoi étaient faits le pain, le fromage ou les pâtes.

Dans le cadre d’une nouvelle étude publiée dans le Journal of Environmental Psychology, une équipe de psychologues a demandé à 176 participants âgés de quatre à sept ans de classer une gamme d’aliments. Là encore, les réponses ont suscité un certain nombre de surprises.

Par exemple, 47% des 176 participants pensent que les frites proviennent d’animaux et 44% pensent que fromage est à base de plantes. Autres exemples : 41% pensent que le bacon provient d’une plante, 40% pensent la même chose pour les hot-dogs et 38% classent les nuggets de poulet parmi les plantes, tandis que 30% des enfants identifient le pop-corn et les amandes comme étant d’origine animale.

En plus d’évaluer les connaissances des enfants sur l’origine des aliments, l’équipe a examiné quels animaux et plantes pouvaient et ne pouvaient pas être mangés selon les sujets. Là encore, les chercheurs ont enregistré beaucoup de confusion. La majorité des enfants pensent en effet que les vaches (77 %), les porcs (73 %) et le poulet (65 %) ne sont pas comestibles.

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Crédits : severyanka/Pixabay

Les enfants : des mangeurs de viande naïfs

Ainsi, cette nouvelle étude montre qu’il existe de nombreuses idées fausses sur la nourriture à ces âges. Toutefois, les chercheurs pensent que cela pourrait être une opportunité.

« La plupart des enfants aux États-Unis […] mangent des produits d’origine animale, mais contrairement aux adultes qui ont construit un arsenal de stratégies pour justifier la consommation d’animaux, les enfants semblent être des mangeurs de viande naïfs« , écrit l’équipe. « L’étude actuelle suggère que les enfants mangent de la viande sans le savoir et peut-être en violation d’un préjugé contre les animaux comme source de nourriture. L’enfance peut donc représenter une fenêtre d’opportunité unique au cours de laquelle des régimes à base de plantes peuvent être plus facilement établis par rapport à plus tard dans la vie« .

Les chercheurs pensent qu’une partie de cette méconnaissance pourrait être due au fait que les parents ne savent pas d’où vient la viande ou estiment qu’il n’est pas correct que les enfants l’apprennent à un si jeune âge. « Plutôt que de gérer l’inconvénient de cuisiner plusieurs options de repas ou d’affronter les émotions qui peuvent survenir avec la révélation que le bacon dans l’assiette de leur enfant était autrefois un cochon bien vivant, certains parents contournent plutôt la vérité par une terminologie vague« , souligne l’équipe.

En étant plus ouverts sur la source des aliments et en proposant davantage de substituts, les chercheurs sont convaincus que les enfants pourront naturellement se tourner vers les aliments plus respectueux de l’animal et de l’environnement.