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Et si l’on parvenait à cultiver directement dans l’eau de mer ?

Crédits : Wikimedia Commons.

Déjà préoccupante, l’association entre l’augmentation de la population et la diminution des terres arables deviendra à l’avenir de plus en plus problématique. Or, la perte de terres cultivables est notamment le fait de la dégradation des sols en raison d’un phénomène de salinisation. Et si l’on parvenait à cultiver directement dans l’eau de mer ?

Un énorme défi pour l’avenir

L’équation est simple. L’humanité comptera environ 10 milliards d’individus en 2050 selon les Nations Unies. Alors que nos modes de vie accusent certaines dérives comme la malnutrition, les famines mais aussi le gaspillage alimentaire, il faudra tenter d’augmenter la production alimentaire. Malheureusement, la surface des terres cultivables diminue progressivement. Comme l’expliquait une étude de l’Université de Sheffield (Royaume-Uni) en 2015, cette diminution des terres arables est un désastre global. En effet, le monde a perdu environ un tiers de ces terres durant les quatre dernières décennies !

Une des principales causes de la perte des terres cultivables est la dégradation des sols. Or, parmi les causes de la dégradation des sols nous retrouvons un phénomène de salinisation touchant principalement les pays en développement. Le fait et que l’augmentation du niveau de la mer augmente le taux de sel des rivières irriguant les champs. Malheureusement, ce phénomène est aggravé par le manque de précipitations pourtant essentielles au “lessivage” naturel des sols.

Cultiver des plantes dans la mer

Face à cette problématique dont l’enjeu est évidemment crucial, plusieurs sociétés travaillent sur des solutions, comme l’explique un article de Wired publié le 17 juin 2020. L’article mentionne Agrisea, une start-up britannique dont l’objectif est de permettre une tolérance des cultures au sel. Et, le moyen évoqué pour y parvenir n’est autre que le célèbre outil d’édition génomique CRISPR-Cas9. Cette société isole des cellules souches de plantes telles que le riz et édite leurs gènes en y insérant une séquence ADN.

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Crédits : Agrisea

Les recherches se poursuivent et les preuves de la viabilité du concept sont à fournir. Dans ce but, Agrisea a déposé un brevet en février 2021 et a dévoilé un projet pilote. À la fin de cette année, ces plants de riz modifiés se retrouveront dans des fermes flottantes au large du Kenya. Or, dans ce pays un tiers de l’eau douce est impactée par la salinisation.

Citons également la société Seawater Solutions. Celle-ci a une approche très différente de celle de Agrisea. En effet, il s’agit ici de cultiver des plantes naturellement tolérantes au sel. Cette société crée des marais salés artificiels en Écosse en immergeant des terres agricoles côtières dégradées. Elle y cultive plusieurs végétaux dont la salicorne (Salicornia europaea), plus communément appelée “haricot de mer”.