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L’épave de l’USS Grenadier, un sous-marin de la Seconde Guerre mondiale, a été retrouvée

L'USS Grenadier. Crédits : US Navy

Des plongeurs ont récemment localisé l’épave perdue de l’USS Grenadier. Ce sous-marin de la marine américaine avait coulé en 1943 après avoir été attaqué par des avions japonais. Tous les membres de son équipage avaient ensuite été retenus prisonniers pendant plus de deux ans.

L’épave du sous-marin disparu il y a 77 ans en Asie du Sud-Est aurait été localisée à 82 mètres de profondeur dans le détroit de Malacca, à environ 150 kilomètres au sud de Phuket (Thaïlande) par une équipe de plongeurs, dans laquelle figurait les Français Jean Luc Rivoire et Benoit Laborie, tous deux basés à Singapour.

Ces derniers expliquent avoir croisé les enregistrements militaires de trois sous-marins coulés dans la région pendant la Seconde Guerre mondiale avec les emplacements possibles d’épaves signalées par des pêcheurs qui avaient accroché des filets sur des obstacles submergés. Deux excursions en bateau ont été nécessaires pour localiser l’épave grâce à un équipement sonar.

Entre octobre 2019 et mars 2020, six plongées ont ensuite été réalisées pour collecter photos et autres preuves permettant d’identifier la structure. D’après les plongeurs, il s’agirait bien de l’USS Grenadier, en témoignent les mesures de sa tourelle, de ses écoutilles et de sa coque.

L’équipe attend maintenant la confirmation officielle de sa découverte par la branche d’archéologie sous-marine du Naval History & Heritage Command qui s’est saisie du dossier. Selon Robert Neyland, son responsable, “l’examen, l’analyse et la production d’une documentation complète peuvent prendre entre deux mois et un an“.

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Le sonar à visée latérale a permis de découvrir l’épave de l’USS Grenadier, reposant à 82 mètres de profondeur. Crédits : Jean-Luc Rivoire

Saboté par son propre équipage

L’USS Grenadier avait rejoint la flotte de sous-marins américains dans l’océan Pacifique suite à l’attaque japonaise sur Pearl Harbor, en décembre 1941. Il permit la défense de l’île de Midway en juin 1942, l’une des batailles navales décisives du Pacifique pendant la Seconde Guerre mondiale. Il patrouilla ensuite le long des côtes du Sud-Est asiatique.

Le 20 avril 1943, alors qu’il ciblait deux cargos japonais près de Phuket dans l’intention de les couler, l’USS Grenadier se fit repérer par un avion japonais. Le sous-marin plongea à environ 36 mètres de profondeur avant d’être finalement touché par une torpille. Le sous-marin s’enfonça alors davantage, tandis que son équipage tentait d’éteindre plusieurs incendies déclarés à bord. La structure ne refit surface qu’après la tombée de la nuit, treize heures plus tard, mais les dégâts étaient trop importants pour continuer.

Le Commandant du sous-marin, John Fitzgerald, espérait qu’une voile improvisée puisse faire dériver le sous-marin suffisamment près du rivage pour que l’équipage puisse s’échapper dans la jungle, mais il fut bientôt repéré par les navires et les avions japonais. Après quelques coups de canon échangés, Fitzgerald ordonna finalement que le Grenadier soit sabordé. L’équipage ouvrit alors tous les évents et trappes du sous-marin qui sombra en quelques minutes au fond de la mer, avant de se rendre aux Japonais.

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L’épave repose à 82 mètres de profondeur dans le détroit de Malacca, à environ 150 kilomètres au sud de Phuket (Thaïlande). Crédits : Google Maps

Deux ans de torture

Selon des récits historiques, tous ont été emmenés dans une école catholique réquisitionnée près de Penang où ils ont été interrogés, battus et affamés pendant plus de deux ans.

Le moindre signe de rébellion se traduisait par un coup de crosse de fusil, un coup de pied, des beignes dans la figure ou un coup de baïonnette“, a notamment écrit le commandant dans un rapport. “Dans la salle d’interrogatoire, ils essayaient de nous faire parler de notre sous-marin et de la localisation d’autres navires par la torture, en employant des massues de la taille d’une batte de base-ball, des crayons placés entre les doigts ou des lames de canif glissées sous les ongles“.

Quatre membres d’équipage perdirent la vie durant ces deux longues années. Les autres ont finalement été libérés en 1945, à la fin de la guerre.