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Deux éléments essentiels à la vie détectés sur la comète Tchouri

La comète photographiée le 27 mars à une distance de 1000 km / Crédits : ESA/ROSETTA/NAVCAM

Belle découverte que celle réalisée par la sonde européenne Rosetta sur la comète 67P/Tchourioumov-Guérassimenko, dit « Tchouri », avec la détection de deux deux ingrédients essentiels à la vie sur Terre sur cette dernière, la glycine et le phosphore.

L’idée que les comètes aient pu jouer un rôle important dans l’apparition de la vie sur Terre grandit, notamment grâce à la dernière révélation que nous offre la sonde européenne Rosetta, qui a récemment détecté deux ingrédients essentiels à la vie sur Terre sur la comète Tchouri, à savoir le phosphore et la glycine, comme relaté dans la revue Science Advances. Aujourd’hui, plus de 140 différentes molécules organiques ont déjà été identifiées dans le cadre interstellaire, mais il s’agit là de la première fois que l’on y détecte de la glycine, un acide aminé, et du phosphore, un élément clé de l’ADN et des membranes des cellules.

« La multitude de molécules organiques déjà identifiée par Rosina sur la comète 67P/Tchourioumov-Guérassimenko, auxquelles s’ajoutent désormais la glycine et le phosphore, – des ingrédients fondamentaux de la vie -, confirment notre hypothèse que les comètes ont le potentiel d’apporter les molécules essentielles de la chimie prébiotique« , souligne Matt Taylor, le responsable scientifique de la mission Rosetta de l’Agence Spatiale Européenne (ESA). « Démontrer que les noyaux cométaires sont des réservoirs de matériaux primitifs dans le système solaire et qu’ils auraient pu transporter ces ingrédients clé de la vie sur la Terre est l’un des principaux objectifs de Rosetta et nous sommes ravis de ces résultats« , ajoute-t-il.

© Esa, Rosetta, MPS, Osiris, MPS, UPD, LAM, IAA, SSO, INTA, UPM, DASP, IDA
© Esa, Rosetta, MPS, Osiris, MPS, UPD, LAM, IAA, SSO, INTA, UPM, DASP, IDA

Dans le cadre de la mission Stardust de la Nasa en 2004, des traces de glycine avaient déjà été détectées dans les poussières de la comète Wild 2. Mais les scientifiques n’avaient pas pu écarter la possibilité d’une contamination terrestre des échantillons pendant l’analyse de ces poussières, alors rapportées sur Terre.

Ici, pour la première fois, de multiples détections de cet acide aminé ont confirmé sa présence dans les gaz et la vapeur d’eau se dégageant d’un noyau cométaire. « Il s’agit de la première détection certaine de glycine dans la mince atmosphère d’une comète« , souligne Kathrin Altwegg, de l’université de Berne en Suisse, chef du projet Rosina (le spectromètre de Rosetta) et principal auteur de ces travaux. « Nous avons constaté des fortes corrélations entre la glycine et la poussière de la comète, ce qui suggère que la glycine provient des grains mélangés à de la glace qui a fondu quand le noyau cométaire s’est rapproché du soleil« , poursuit-elle. Contrairement aux autres acides aminés, la glycine est le seul à pouvoir se former sans eau liquide, ajoutent les scientifiques. L’origine du phosphore détecté dans la fine atmosphère de la comète Tchouri n’a pas encore été déterminée, concluent-ils.

Source : scienceadvances