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Des SDF touchés par une maladie de la Première Guerre mondiale !

Crédits : National Library of Scotland / Wikipedia

Selon une récente étude canadienne, la maladie de la fièvre des tranchées est réapparue chez des personnes sans domicile fixe. Or, il s’agit là d’une maladie que les soldats de la Première Guerre mondiale se transmettaient. Un homme de moins d’une cinquantaine d’années a récemment perdu la vie après une contamination à la bactérie responsable de cette maladie.

Une recrudescence depuis les années 1990

Comme l’explique le Manuel MSD, la fièvre des tranchées une maladie transmise par les poux et provoquée par la bactérie gram-négative Bartonella quintana. Observée à l’origine chez les militaires durant la Première Guerre mondiale, cette maladie a notamment infecté plus d’un million d’individus entre 1915 et 1918. La maladie se présente comme une pathologie fébrile aiguë, récurrente et parfois associée à une éruption cutanée. Peu mortelle, elle affaiblit néanmoins grandement les soldats, parfois incapables de se battre durant des mois.

Par ailleurs, l’homme est le seul réservoir de cette infection dont les diagnostics et les traitements sont performants. En cas de non-traitement, la maladie peut causer une endocardite, c’est-à-dire une grave inflammation de la paroi des valves cardiaques. Dans une étude publiée dans le Canadian Medical Association Journal ce 7 décembre 2020, des chercheurs de l’Université de Manitoba (Canada) ont mis en lumière un retour de cette infection depuis les années 1990.

schéma fièvre des tranchées
Crédits : American Society for Microbiology

La « fièvre des tranchées urbaines »

Les chercheurs ont évoqué le cas d’un récent patient canadien dont la vie a été sauvée. L’individu sans domicile fixe avait développé une grave infection au cœur après avoir été contaminé. En revanche, une autre étude publiée en mai 2020 mentionnait le cas d’un SDF de moins de 50 ans, décédé pour les mêmes raisons. Depuis que ce phénomène suscite à nouveau l’inquiétude, on retrouve souvent le terme « fièvre des tranchées urbaines » pour qualifier la maladie.

Le simple fait que les personnes SDF meurent de cette maladie apporte plus que jamais la preuve de leur manque de ressources. En effet, les traitements antibiotiques (Doxycycline) sont généralement abordables et parviennent à venir à bout du problème sans difficulté. Toutefois, l’administration du médicament doit s’accompagner d’un traitement au niveau des poux.

Les meneurs de l’étude canadienne estiment que les personnes en situation de grande précarité devraient avoir accès à ces traitements anti-poux ainsi qu’à de meilleures conditions dans les foyers d’accueil. Ils préconisent également une vérification systématique de la présence de la bactérie Bartonella quintana dans l’organisme des individus, dans le cas d’une longue exposition aux poux. Enfin, les chercheurs pensent que pour éradiquer complètement cette maladie, il faudrait tout simplement mettre fin à la pauvreté et au sans-abrisme.