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Des centaines de galaxies photographiées par Hubble, en une seule image

L'effet de loupe gravitationnelle permet de repérer certaines galaxies en arrière plan. Crédits : NASA, ESA, A. Koekemoer, M. Jauzac, C. Steinhardt et l’équipe BUFFALO

Hubble est peut-être bientôt à la retraite, il ne chôme pas pour autant. Il s’attaque depuis quelques semaines aux objets les plus éloignés de l’Univers, en s’appuyant sur certains des amas de galaxies les plus massifs. Un effet de lentille gravitationnelle qui permettra de mieux appréhender les débuts de notre Univers.

L’Univers est vaste et gigantesque (s’étendant sur environ 91 milliards d’années-lumière). Les distances sont telles que même nos instruments les plus perfectionnés ne peuvent pas appréhender les objets les plus lointains. Pour ce faire, le cosmos nous donne un petit coup de pouce. Les lentilles gravitationnelles permettent en effet aux astronomes de s’appuyer sur une grande distribution de matière (un amas de galaxies) pour agrandir la lumière provenant d’un objet situé en arrière-plan. Nous devons ici ce tour de passe-passe à l’amas de galaxies Abell 370, une masse de plusieurs centaines de galaxies retrouvée dans la Constellation de la Baleine à 4 milliards d’années-lumière de la Terre.

L’image ci-dessous nous présente l’amas de galaxies. Les objets les plus “blancs” sont les plus grands et contiennent des centaines de milliards d’étoiles. Les bleutées sont des galaxies spirales plus petites – comme la Voie Lactée – et les galaxies plus “jaunes” sont plus anciennes.

Des centaines de galaxies photographiées par Hubble. Crédits : NASA, ESA, A. Koekemoer, M. Jauzac, C. Steinhardt et l’équipe BUFFALO

Cette concentration de matière et de matière noire est telle que certains des objets les plus éloignés de l’Univers apparaissent alors étirés au centre de l’image, déformés par l’attraction gravitationnelle. L’un d’eux, en bas à gauche du centre (visible en tête d’article), se compose de cinq images de la même galaxie.

S’appuyant sur cet effet “loupe”, les astronomes espèrent en apprendre davantage sur la vitesse de formation des premières galaxies massives de l’Univers, formées quelques centaines de millions d’années après le Big Bang. Le projet, baptisé BUFFALO, implique une centaine d’astronomes du monde entier. En en plus d’Abel 370, cinq autres amas devraient être sondés dans les prochains mois, dans le but d’évaluer le comportement de la matière il y a plusieurs milliards d’années.

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