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Une couche gluante se cache-t-elle sous la surface de Pluton ?

Crédits : NASA/JHUAPL/SwRI

Un planétologue suppose que Pluton renferme de grandes quantités de matière organique ressemblant à de l’asphalte. Une proposition émise en décembre dernier lors des rencontres de l’American Geophysical Union à La Nouvelle-Orléans (États-Unis).

Parce que Pluton est née dans la ceinture glacée de Kuiper au-delà de l’orbite de Neptune, elle pourrait contenir des matières organiques – en particulier du carbone – similaires à celles trouvées dans les comètes. Une couche ressemblant à de l’asphalte pourrait d’ailleurs être en train de « cuire » sous la croûte de Pluton. Des chercheurs envisagent en effet la possibilité que la planète naine la plus célèbre du système puisse contenir une couche de matière organique sous sa surface, chauffée en une substance épaisse et gluante semblable à du goudron.

« La matière organique, quand vous la faites cuire, le produit final est le carbone amorphe ou le graphite », explique Bill McKinnon, planétologue à l’Université de Washington. Mais cela pourrait aussi être une sorte d’asphalte gluant, composé de matières organiques présentes dans la ceinture de Kuiper, où Pluton prit forme voici 4,5 milliards d’années.

Explorer les couches de planètes et d’autres corps célestes reste néanmoins un défi. Sur des mondes comme la Terre et la Lune, les sismomètres permettent aux chercheurs de suivre le temps qu’il faut aux ondes générées par les tremblements de terre pour traverser la croûte et le manteau. Parce que les ondes se déplacent à des vitesses différentes selon le matériau qu’elles traversent, les scientifiques peuvent ensuite utiliser ces ondes pour déterminer la composition approximative des couches sous la surface. Nous pouvons le faire sur Terre, mais aussi sur la Lune grâce aux missions Apollo, et nous pourrons bientôt le faire sur Mars. Mais pour les mondes sans sismomètres, les chercheurs sont bloqués.

Les observations de la sonde New Horizons sur l’activité géologique en cours sur Pluton suggèrent que la planète naine pourrait en revanche contenir un océan liquide ou récemment gelé sous sa croûte. Pour le chercheur, il pourrait donc en fait s’agir d’une couche de matière organique liquide ou gluante, et très épaisse : « quelque chose de l’ordre de 100 kilomètres ou plus ». Il ajoute : « la substance a des propriétés intéressantes. Si cela ressemble plus à de l’asphalte chaud, il serait liquide et pourrait transporter la chaleur très facilement ». Si l’heure n’est qu’aux suppositions, cela pourrait néanmoins potentiellement changer notre compréhension actuelle de ce qui se passe à l’intérieur de Pluton, et peut-être aussi à l’intérieur d’autres satellites glacés.

Pour le plaisir, et en attendant d’en savoir plus, je vous incite à (re)visualiser cette incroyable vidéo. Au mois de juillet 2015, la sonde de la NASA New Horizons nous offrait en effet le tout premier survol de Pluton de toute l’Histoire. L’occasion de découvrir le véritable visage de la lointaine et naine Pluton et de son satellite Charon.

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