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Connaissez-vous le fonctionnement atypique du nénuphar ?

Crédits : iStock

Le nénuphar est une plante aquatique. Par définition, celui-ci n’a aucun membre ni muscle, mais est néanmoins capable de bouger. Il s’agit d’un mouvement effectué par le biais d’un mécanisme autant physique que chimique.

Originaire d’Europe, le nénuphar fait partie de la famille des Nymphéacées et pousse dans les étangs et autres bassins. Outre sa beauté, ce qui le rend si spécial est sa capacité à se fermer lorsque la nuit tombe et à s’ouvrir à l’aube. Ce mouvement est nommé nyctinastie et a pour but de protéger les organes reproductifs incarnés par les étamines et autres pistils.

Il s’avère que, puisque le nénuphar n’est pas un animal, celui-ci ne comporte aucun muscle, ce qui interroge sur cette capacité assez étonnante pour une plante. En réalité, les variations de lumière entrainent chez le nénuphar une modification de la concentration en ions calcium des cellules. Ceci a pour conséquence d’augmenter (ou de réduire) la pression de chaque coté de la paroi cellulaire.

Le soir, l’eau investit les cellules et remplit les vacuoles, entrainant une turgescence, un état cellulaire associé à l’élongation de la cellule végétale. Au petit matin, l’eau est expulsée dans un mouvement opposé. Ainsi, la fermeture et ouverture du nénuphar sont la conséquence de ces variations de turgescence entre les faces interne et externe de la corolle, partie de la fleur formée par l’ensemble de ses pétales.

Selon José Bico, chercheur à l’École supérieure de physique et de chimie industrielles de la ville de Paris (ESPCI), « la corolle de certaines Nymphoides, des plantes qui ressemblent aux nénuphars, se referme hermétiquement en cas d’inondation temporaire et permet aux appareils reproducteurs de la plante de rester au sec », des propos recueillis par Sciences et Avenir.

Il faut également savoir que le nénuphar a la capacité d’enfermer une bulle d’air. Le mouvement implique plusieurs propriétés physiques limitant la déformation de la plante, à savoir la pression de l’eau des cellules sur ses membranes, ainsi que la capillarité retenant l’eau et l’air, protégeant le cœur du nénuphar.

Sciences et Avenir a également demandé l’avis d’un autre expert, à savoir Jérémy Hure, chercheur au Centre CEA de Saclay. L’intéressé explique :

« Expérimentalement, nous remarquons que pour une taille donnée, la fleur doit posséder un certain nombre de pétales pour se refermer sans que l’eau (ou l’air) n’envahisse le centre. De même, pour une certaine épaisseur de pétale, la fleur doit être suffisamment grande pour se refermer complètement. »

Sources : Sciences et Avenir