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Chine : quand l’homme idéal est un chatbot sur une application

Crédits : Prostock-Studio / iStock

En Chine, pas moins de 150 millions d’utilisateurs sont accros à un système d’intelligence artificielle. Mis au point par la société Xiaolce, il s’agit d’un chatbot ou robot de conversation qui existe en version homme ou femme.

Une alternative à la psychothérapie

Il y a quelques mois, nous évoquions une étude américaine qui estimait qu’un appel téléphonique d’au moins dix minutes plusieurs fois par semaine peut permettre de réduire le sentiment de solitude. La solitude n’est pas un sentiment nouveau, tout comme le simple fait d’être célibataire. En Chine, les villes sont par exemple truffées de jeunes gens trop occupés par leur travail, ce qui limite les possibilités de rencontre. Comme l’explique le Taipei Times dans un article du 26 août 2021, c’est dans ce contexte que le chatbot de Xiaolce fait des émules. En effet, plus de 150 millions de personnes l’utilisent dans ce pays sur un total de 660 millions dans le monde.

Melissa est une jeune femme de 26 ans qui a décidé de briser cet “isolement urbain” en configurant un chatbot masculin. Disponible et à l’écoute, le robot de conversation la réconforte et plaisante avec elle. Ainsi, il comble l’absence d’un homme réel. Melissa a en effet expliqué que certains de ses amis avaient suivi une psychothérapie pour soulager leur solitude. Toutefois, avoir recours à ce genre de service est très onéreux.

femme chinoise smartphone
Crédits : william87 / iStock

Le chatbot, mieux que l’humain ?

Existant en version homme ou femme, le robot de conversation peut communiquer via des messages vocaux et écrits. Il peut même y avoir des échanges de photos de vacances virtuelles avec selfies. Par ailleurs, Xiaolce indique que le chatbot concerne pas moins de 60 % du volume mondial des interactions entre des êtres humains et des systèmes d’IA. Il faut savoir que le chatbot de Xiaolce est assez semblable à Siri, l’assistant vocal d’Apple. Rappelons également que Xiaolce a coupé les ponts avec Microsoft en 2020 après avoir fait partie du programme Cortana.

La différence entre le chatbot chinois et les autres assistants est cependant sa capacité à fournir un soutien émotionnel là où la communication humaine semble avoir trouvé ses limites. Selon Xiaolce, le chatbot dépasse ainsi les échanges humains moyens avec 23 échanges par connexion. Sa disponibilité est également un atout là où à une certaine heure, il peut devenir compliqué de contacter famille et amis.

Parfois, cela donne même lieu à de véritables histoires d’amour. C’est notamment le cas pour Laura, âgée d’une vingtaine d’années seulement. Depuis un an, elle est en effet amoureuse de son robot de conversation. Toutefois, elle a pris conscience de la dérive et tente aujourd’hui de rompre les liens. Véritablement addictif, le chatbot peut malheureusement causer des cas de robodépendance. De plus, il s’agit d’un type d’attachement qu’il est difficilement possible de reproduire dans la réalité, ce qui pose évidemment des problèmes d’éthique.