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Des chercheurs utilisent la lumière pour contrôler les moustiques

Crédits : iStock

Les chercheurs de l’Université de Notre-Dame-du-Lac (dans l’Indiana, aux États-Unis), ont constaté que l’exposition du moustique à seulement 10 minutes de lumière par nuit manipule le comportement du vol du moustique Anopheles gambiae et supprime sa mordance. Cette observation pourrait amener des résultats importants dans la lutte contre le paludisme étant donné que Anopheles gambiae est l’un des principaux vecteurs de transmission de la maladie en Afrique.

Les comportements présentés par l’espèce comme l’alimentation, la ponte et le vol sont spécifiques à l’heure de la journée, ce qui entraîne une plus grande propension pour la piqûre nocturne. Un nouveau rapport de l’OMS a déclaré qu’environ 212 millions de personnes dans le monde sont infectées par le paludisme, ce qui entraîne plus de 429 000 décès par an, la plupart étant des enfants.

Les moustiquaires et les murs traités avec de l’insecticide ont contribué à prévenir les piqûres, et réduire le paludisme. Mais les chercheurs disent que les moustiques s’adaptent aux conditions préventives, laissent les enfants et les adultes vulnérables au crépuscule et à l’aube, c’est-à-dire lorsqu’ils ne sont pas sous les moustiquaires ou dans la maison.

« Les moustiques anophèles s’adaptent à ces méthodes actuelles en développant une résistance aux insecticides et en transférant l’alimentation plus tôt dans la soirée ou plus tard dans la matinée, les heures où les personnes ne sont pas protégées. Donc, ce qui était une méthode efficace l’est de moins en moins », déclare Giles Duffield, professeur agrégé de biologie au Département des sciences biologiques de l’Université de Notre-Dame-du-Lac. « Les outils et systèmes dont nous disposons actuellement incluant la distribution et l’utilisation mondiale de moustiquaires et les insecticides ne suffisent pas. »

Une nouvelle méthode par exposition à la lumière déréglerait le cycle d’alimentation des moustiques, qui limiterait ainsi le nombre de piqûres et de maladies, ici un Anopheles gambiae, principal vecteur de transmission du paludisme/Crédits Wikimedia Commons

Pour cette étude, Duffield et son équipe ont testé la préférence des moustiques à piquer pendant leur période active de recherche d’hôte, en les séparant en plusieurs lots de contrôles et de tests. Les moustiques de contrôle ont été conservés dans le noir, tandis que les lots de tests ont été exposés à une impulsion de lumière blanche pendant 10 minutes. Les chercheurs ont ensuite testé la propension des moustiques à piquer immédiatement après exposition, toutes les deux heures au long de la nuit, en tenant leurs pattes sur une doublure en maille, qui leur permet de se nourrir tout en restant contrôlés. Les résultats indiquent une suppression significative du taux de piqûres. Dans une autre expérience, les moustiques ont été exposés à la lumière toutes les deux heures. En utilisant cette technique d’exposition multiple, l’équipe a constaté que la piqûre pouvait être supprimée pendant une grande partie de la nuit.

« Ce qui est remarquable, c’est l’effet prolongé qu’un traitement à la lumière court a sur la préférence pour la morsure avec une suppression des piqûres jusqu’à 4 heures après exposition », ajoute Duffield. « Cela peut s’avérer être un outil efficace qui complète les méthodes de contrôle établies pour réduire la transmission de maladies. »

Une exposition à intermittences serait plus efficace qu’une exposition constante, car les moustiques seraient moins susceptibles de s’adapter à la lumière. L’équipe de recherche teste l’efficacité des différentes longueurs d’onde de la lumière (comme la lumière rouge qui dérangerait moins les personnes pendant leur sommeil) afin de trouver des solutions plus pratiques pour limiter les piqûres de moustique.