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Cette IA a créé de l’ADN humain totalement artificiel

Crédits : iStock

Des chercheurs français et estoniens ont récemment obtenu des génomes humains artificiels par le biais d’une intelligence artificielle. Ces ADN sont uniques et surtout, ils n’appartiennent donc à personne. Quel est l’intérêt de telles recherches ?

De l’ADN d’humains imaginaires

En 2017, nous évoquions le Human Genome Project-Write, dont l’objectif est d’obtenir un génome humain entier, mais complètement artificiel. À l’époque, des questions éthiques venaient déjà interroger cette étape cruciale de l’ingénierie génétique. Or, dans une étude publiée dans la revue PLOS Genetics le 4 février 2021, des généticiens de l’Université Paris-Saclay (France) et de l’Université de Tartu (Estonie) ont également affirmé avoir mis au point des génomes humains artificiels. En réalité, les chercheurs ont réussi à obtenir de l’ADN en partie seulement. Toutefois, la particularité de ces travaux réside ailleurs. Il est ici question d’ADN “inexistants”, c’est-à-dire n’appartenant à personne, comme s’il s’agissait d’humains imaginaires. Ces génomes ont en outre été conçus par une intelligence artificielle.

Plus précisément, les généticiens ont utilisé des réseaux de neurones artificiels et le machine learning pour traiter des informations génétiques. Il s’agissait de faire en sorte que l’IA apprenne les distributions complexes de véritables ensembles de données génomiques à partir de banques de données de génomes humains. Ensuite, l’IA a généré de nouveaux génomes artificiels, ce qui constitue une étonnante première.

ADN elipse
Crédits : Pixabay

Une possible utilité en recherche biomédicale pour ces génomes artificiels

Les scientifiques de l’étude sont formels : les génomes artificiels obtenus sont réalistes et il ne s’agit pas de reproductions de génomes existants. En revanche, ceux-ci retranscrivent en partie la base de données source, concernant par exemple la fréquence allélique, relative au taux de présence d’un allèle dans les gènes d’une population. Pour les chercheurs, cette technique permet de conserver de nombreuses caractéristiques complexes que l’on retrouve dans les génomes authentiques. Finalement, la seule différence est que ces génomes n’appartiennent à aucun donneur.

Mais à quoi ces travaux peuvent-ils bien servir ? Selon les généticiens, il est possible de leur trouver une utilité en recherche biomédicale. Dans ce domaine, les données génétiques représentent une ressource importante. En revanche, elles sont rarement exploitables pour des questions de confidentialité. Toutefois, avec les génomes artificiels, ce problème n’en est plus un.

La recherche pourrait donc se baser sur des données génétiques d’humains imaginaires afin de permettre à une IA d’imaginer les caractéristiques biologiques en lien avec ces génomes artificiels. Cependant, les chercheurs n’ont pas fourni d’explication à propos des éventuelles applications plus larges d’une telle possibilité en matière d’ingénierie génétique.