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Le cerveau serait plus gros le matin que le soir

Crédits : iStock

C’est une étude canadienne basée sur une analyse de près de 10 000 examens par IRM qui arrive à cette conclusion. Les auteurs montrent que le cerveau d’une personne est plus volumineux quand il est analysé dans la matinée, par rapport à l’après-midi.

L’étude a été publiée dans le magazine Neuroimage. Kunio Nakamura et ses collègues de l’Institut neurologique de Montréal ont examiné 3269 scans de patients atteints de sclérose en plaques, ainsi que 6114 scans issus des 834 sujets du projet sur la maladie d’Alzheimer (ADNI). Cela en fait a priori la plus vaste étude en neurosciences qui existe à ce jour.

Les chercheurs ont étudié la différence de la fraction du parenchyme cérébral (BPF : Brain Parenchymal Fraction) en fonction de l’heure de la journée. Le parenchyme cérébral correspond aux tissus constituant les éléments fonctionnels de base du système nerveux. En d’autres termes, les neurones.

Or, Nakamura et son équipe se sont aperçus qu’au cours de la journée, le BPF des patients atteints de sclérose en plaques avait chuté de 0,18 % et celui des malades d’Alzheimer de 0,44 % entre 8 h et 18 h. Un résultat certes faible, mais qui correspond à peu près, selon les chercheurs, au même degré de rétrécissement qu’une personne atteinte d’Alzheimer subirait au cours d’une année.

volume cérébral en fonction de l'heure de la journée
Crédits : Nakamura et al. (2015) Neuroimage

Une question d’hydratation

D’après Nakumara, ce rétrécissement serait dû à un simple problème de mécanique des fluides :

« le cerveau serait une sorte d’éponge qui grossit lorsqu’il est bien hydraté, explique-t-il. Or, la position allongée du corps pendant le sommeil permettrait de redistribuer les fluides corporels accumulés dans les extrémités inférieures durant la journée. »

La publication prévient ainsi les neuroscientifiques pour les études à venir :

« Notre étude suggère qu’un biais existe dans l’acquisition des données en fonction de l’heure de la journée. Cela peut s’avérer particulièrement important dans les petites études où le moment de l’acquisition de l’image ne peut pas être aléatoire. […] Par exemple, une tendance à réaliser les IRM de sujets sains le matin de sujets malades l’après-midi biaiserait les données quant au volume du cerveau. »

Malheureusement, l’étude n’émet aucune conclusion pour savoir si cette diminution cérébrale impacte notre efficacité à travailler.

Source : Discover Magazine