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Certaines personnes ont des excréments « spéciaux » capables de sauver des vies

Crédits :globalmoments / iStock

Les transplantations fécales sont désormais courantes, et utilisées pour traiter des troubles intestinaux. Mais elles pourraient traiter de nombreuses autres maladies, telles que la maladie d’Alzheimer ou encore le diabète de type 2, si nous pouvions révéler les secrets des « super-donneurs ».

Nos excréments sont remplis de milliards de bactéries permettant à notre corps de digérer les aliments et de nous maintenir en bonne santé. Mais il arrive parfois que ce microbiome se dégrade, que les « bonnes bactéries » manquent à l’appel, entraînant alors de nombreux problèmes digestifs, et parfois neurologiques. Pour endiguer le problème, certaines personnes se voient alors proposer une transplantation fécale. L’idée consiste donc à transférer de la matière fécale issue d’un sujet sain à un patient atteint d’une pathologie liée à une altération du microbiote intestinal.

Qui sont les « super-donneurs » ?

Ce transfert de matière fécale – et des bactéries qui vont avec – est particulièrement efficace pour traiter les infections par la bactérie Clostridium difficile, qui entraîne la formation de diarrhées, entre autres. Le taux de guérison dépasse les 90%. Des études ont néanmoins suggéré que certains donneurs semblent entraîner un taux de guérison beaucoup plus élevé que la moyenne. On les appelle les « super-donneurs ». Mais qu’est-ce qui rend ces donneurs uniques ? Une étude, publiée dans Frontiers in Cellular and Infection Microbiology, nous propose quelques pistes.

«Nous constatons que les greffes de super-donneurs atteignent un taux de rémission clinique pouvant atteindre le double de la moyenne restante, explique Justin O’Sullivan, biologiste à l’Université d’Auckland en Nouvelle-Zélande, et principal auteur de l’étude. Nous espérons que si nous pouvons découvrir comment cela se produit, nous pourrons alors améliorer le succès de la transplantation fécale et même en faire l’essai pour de nouvelles maladies associées au microbiome, telles que la maladie d’Alzheimer, la sclérose en plaques et l’asthme».

Des espèces bactériennes « clés »

Après plusieurs analyses, il semblerait que ces « super-donneurs » présentent un microbiome intestinal plus varié que la moyenne, avec davantage d’espèces de « bonnes » bactéries, y compris des espèces « clé » qui aident le corps à fabriquer d’importantes protéines. «Dans les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin et le diabète, par exemple, les espèces clé associées à une rémission clinique prolongée produisent du butyrate, une substance chimique dotée de fonctions spécialisées dans la régulation du système immunitaire et du métabolisme énergétique», note le chercheur.

D’autres facteurs pourraient également contribuer à cette réussite, tels que la génétique du receveur, le fonctionnement de son système immunitaire ou encore son régime alimentaire. Ils pourraient ainsi affecter le succès de la transplantation. Pour l’heure, les recherches se poursuivent, tant sur les raisons du succès de l’opération que par son mode opératoire. Certains chercheurs envisagent en effet des options de greffe plus « agréables », comme une capsule prise par voie orale, comme remplacement des lavements invasifs actuellement effectués pour greffer la matière fécale.

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