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Au Botswana, des lionnes avec une crinière et un comportement de mâle

Crédits : Pixabay/garysimons

Un phénomène rare a été observé dans une population de lions d’une réserve du Botswana, à savoir cinq lionnes qui arborent une crinière et adoptent un comportement de mâle. Un trop fort taux de testostérone dans l’organisme serait à l’origine de ce phénomène.

Dans la réserve de Moremi Game dans le delta de l’Okavango au Botswana, cinq femelles ont été observées avec un phénomène rare, une crinière et un comportement de mâle. En apparence, seule leur taille permet de les différencier des mâles, car les lionnes restent plus petites. Un phénomène qui reste très anecdotique, et puisque l’on en sait encore que très peu, l’équipe du chercheur Geoffrey D. Gilfillan de l’Université du Sussex en Angleterre a tenté d’en savoir plus.

Pour cela, ils ont observé durant deux ans l’une de ces femelles, baptisée SaF05, la plus grosse des cinq femelles. « Si SaF05 a un comportement essentiellement féminin comme rester avec la meute et s’accoupler avec des lions, elle présente aussi certains comportements de mâle » explique au New Scientist Geoffrey D. Gilfillan. En effet, la lionne a pris l’habitude de marquer son territoire, de rugir régulièrement, un comportement essentiellement masculin, et même de tenter de monter des femelles. « Même si les femelles en général rugissent et marquent leur territoire comme les mâles, elles le font beaucoup moins souvent que les lions » ajoute le scientifique.

Pour Luke Hunter, président de Panthera, organisation pour la conservation mondiale des félins sauvages, ce phénomène pourrait être dû à un taux de testostérone trop fort dans l’organisme de ces femelles. Le développement d’une crinière est par exemple une conséquence directe de la présence de cette hormone, et les lions castrés perdent leur crinière.

Une éventuelle stérilité de ces femelles pourrait être la cause du fort taux présumé de testostérone. « Certaines lionnes à crinière ont été observées pendant leur reproduction » explique la spécialiste Kathleen Alexander. « Aucune d’entre elles n’est tombée enceinte suggérant qu’elles sont stériles, une conséquence connue du haut niveau d’hormones mâles comme la testostérone chez les femelles. Les changements de comportement suggèrent que c’est le cas » ajoute-t-elle.

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