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Cet A380 a volé quelques heures avec un carburant à base d’huile de cuisson

Crédits : dlugo_svk / Pixabay

Depuis peu, un Airbus A80 assez spécial est en cours de test. L’appareil, qui fonctionne à l’huile de cuisson, a effectué un premier vol de trois heures entre les villes de Toulouse et Nice. S’agit-il du carburant de demain pour l’aviation ?

Un nouvel essai pour Airbus

Il y a quelques semaines, les prix du carburant à la pompe ont tout simplement flambé, atteignant de nouveaux records. La raison principale n’est pas un secret : les grands pays producteurs de pétrole limitent les productions et donc l’offre mondiale. Néanmoins, le conflit entre la Russie et l’Ukraine exacerbe également cette tendance. Ainsi, cette situation signe le retour sous les projecteurs d’une pratique existant depuis longtemps : rouler à l’huile de friture (ou de cuisson).

Si rouler à l’huile alimentaire usagée est autorisé dans certains pays, d’autres comme la France l’interdisent formellement. Toutefois, certains automobilistes n’hésitent pas à y avoir recours afin de réaliser des économies. Et si ce type de carburant pouvait également concerner le secteur de l’aviation ?

Dans un tweet du 28 mars 2022, le géant Airbus a justement affirmé avoir fait voler un appareil avec de l’huile de cuisson. Il y est en effet fait mention du vol « propre » et « durable » d’un A380 entre les villes de Toulouse et Nice durant trois heures. La firme a également rappelé avoir déjà utilisé ce genre de carburant en 2021 afin de faire voler un A350 ainsi qu’un A319. Citons également la société ATR qui a intégré pas moins 45 % d’huile de cuisson recyclée lors d’un vol entre deux villes suédoises en 2017.

Accélérer la transition énergétique de l’aviation

La possibilité d’utiliser l’huile de cuisson dans l’aviation est à prendre très au sérieux. En effet, Airbus pense que ce carburant peut permettre d’accélérer la transition énergétique du secteur jusqu’à atteindre la neutralité carbone. Le fournisseur du carburant, nommé Sustainable Aviation Fuel (SAF ou carburant durable d’aviation en français), n’est autre que TotalEnergies, comme l’indiquait un communiqué du 3 mars 2022. Or, fabriqué à partir d’esters et d’acides gras hydrotraités (HEFA), il se compose principalement de végétaux et de déchets biologiques.

En théorie, le SAF peut permettre de réduire les émissions de GES de 80 %. Ainsi, Airbus désire poursuivre les tests. En tout cas pour l’instant, ses appareils peuvent déjà voler avec un mélange à dosage équitable SAF/kérosène. La Commission européenne a également compris l’intérêt de cette initiative et pourrait même accélérer la transition d’un point de vue législatif. Il est question d’un dosage de SAF progressif et obligatoire à hauteur de 2 % d’ici 2025. À terme, l’objectif est d’arriver à 63 % d’ici 2050.