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Aurons-nous un futur de la procréation à base d’ADN à trois géniteurs ?

Crédits : iStock

Il y a quelque temps, une technique de procréation médicalement assistée (PMA) avait permis de « fabriquer » un embryon à trois ADN pour la toute première fois. Le but ? Éviter la transmission de mutations en provenance de la mère, responsables de maladies graves.

L’ovocyte (gamète femelle) contient deux types d’ADN, à savoir celui contenu dans le noyau et celui contenu dans les mitochondries. Celles-ci sont des organites cellulaires eucaryotes essentiels dans les processus énergétiques cellulaires. Or le type d’ADN (37 gènes) que ces mitochondries contiennent est parfois source de mutations à l’origine de maladies graves, à raison d’environ 1 personne sur 5000.

Ainsi, en utilisant l’ovocyte d’une donneuse dont les mitochondries sont saines, et en remplaçant son noyau par celui de l’ovocyte de la future mère, l’ovocyte qui en résulte est ainsi débarrassé des mutations. Il est donc censé éviter à l’enfant de potentiellement contracter des maladies graves dans le futur.

Ces dernières années, des embryons humains à 3 ADN ont été créés aux États-Unis et au Royaume-Uni. Mais il s’avère que quelques copies d’ADN mitochondrial ont été transférées accidentellement, ce qui laissait planer le doute sur l’efficacité de la manipulation. D’ailleurs, comme le disait en 2015 René Frydman, chercheur à l’origine du premier bébé-éprouvette français, « le jour où cette technique donnera pour la première fois naissance à un enfant, on ne sera toujours pas assuré de l’absence de risque ».

Et pourtant, un premier bébé est bien né, un événement ayant eu lieu au Mexique en 2016 comme l’avait révélé le magazine New Scientist. Ainsi, l’enfant né est un petit garçon avec trois géniteurs génétiques. Le couple à l’origine de cette initiative avait perdu ses deux premiers enfants à cause du syndrome de Leigh, une maladie neurologique progressive caractérisée par des atteintes au tronc cérébral (et aux noyaux de la base) – et dont l’origine est mitochondriale.

Beaucoup plus récemment, quatre autres bébés ont été obtenus de la même façon à la Nadiya Clinic basée à Kiev (Ukraine), selon un article publié le 6 juin 2018 par la National Public Radio (NPR), principal réseau de radiodiffusion non commercial et de service public des États-Unis. Cette nouvelle annonce-t-elle une généralisation de ce type de procréation ? L’avenir nous le dira.

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