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C’est peut-être l’un des plus anciens temples bouddhistes jamais découverts

temples bouddhistes
Crédits : ISMEO/Université Ca' Foscari de Venise

Une équipe d’archéologues annonce avoir identifié les restes d’un ancien temple construit quelques centaines d’années seulement après la mort de Siddhārtha Gautama, alias le Bouddha. Les vestiges ont été mis au jour dans la vallée de Swat, dans le nord du Pakistan.

Le temple nouvellement découvert a été trouvé sur un terrain acquis  il y a quelques années par les autorités archéologiques provinciales près du centre de la ville de Barikot, dans la province du Khyber Pakhtunkhwa au Pakistan. De premières fouilles ont été entreprises dès 2019. Plusieurs fosses creusées par des pillards laissaient à penser que quelque chose d’important pourrait y être enterré. C’était en effet le cas.

Un monument très ancien

Les ruines mesurent plus de trois mètres de haut. Elles se caractérisent par une plateforme cérémonielle surmontée d’une structure cylindrique abritant jadis un monument bouddhiste conique ou en forme de dôme appelé stūpa.

Le complexe comprenait également un stūpa plus petit, une cellule ou une chambre pour les moines, un escalier ou encore une cour publique donnant à l’époque sur une ancienne route menant au principal monument bouddhiste de la ville antique, un stūpa de vingt mètres de haut révélé par des travaux publics il y a quelques années.

Les archéologues pensent que le temple pour dater du milieu du IIe ou du IIIe siècle av. J.-C.. Si tel est le cas, la structure aurait donc été construite quelques centaines d’années seulement après la mort de Siddhārtha Gautama, dit le Bouddha, le fondateur historique d’une communauté de moines errants qui donna naissance au bouddhisme. Ce dernier aurait en effet vécu de 563 à 483 av. J.-C..

« De futures analyses au radiocarbone établiront des dates plus précises, mais ce temple de Barikot apparaît clairement comme l’un des premiers monuments bouddhistes jamais trouvés dans l’ancienne région du Gandhara« , confirme Luca Maria Olivieri, archéologue à l’Université Ca’ Foscari de Venise.

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Crédits : ISMEO/Université Ca’ Foscari de Venise
temple bouddhiste
Au centre de l’ancien temple se trouvait une plateforme cérémonielle surmontée d’une structure cylindrique qui abritait autrefois un stupa. Crédits : ISMEO/Université Ca’ Foscari de Venise

Conquête alexandrine

Barikot est mentionné comme « Bazira » ou « Beira » dans les sources classiques de l’époque d’Alexandre le Grand qui conquit le royaume de Gandhara en 327 av. J.-C. Alexandre avait déjà mené des campagnes militaires à l’est contre l’Empire perse dès 334 av. J.-C., organisant une invasion du nord-ouest de l’Inde.

La zone proposait un microclimat tempéré permettant deux récoltes par an, au printemps et à la fin de l’été. En conséquence, selon un communiqué de l’université Ca’ Foscari de Venise, Alexandre utilisait probablement la région comme un « grenier » pour approvisionner ses armées avant de poursuivre leur campagne militaire vers le sud de l’Inde.

Alexandre finit par rebrousser chemin vers l’Europe à la demande de ses troupes, avant de mourir à Babylone en 323 av. J.-C., probablement d’une maladie comme le paludisme ou d’un empoisonnement. Ses généraux se partagèrent alors ses territoires. La région de Bactriane, au nord du Gandhara, fut gouvernée par des rois d’origine grecque, tandis que le Gandhara revint pendant un temps sous domination indienne indigène, sous l’empire Maurya.

Plus tard, le bouddhisme se répandit et la vallée de Swat devint un centre sacré pour la religion, en particulier sous l’empire Kushan d’environ 30 apr. J.-C. à 400 apr. J.-C..