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Voici ce qu’il faut savoir des pluies acides, cet enjeu environnemental important

Crédits : Pixabay

Si le terme de pluie acide est largement répandu, sa définition l’est en revanche beaucoup moins. Il s’agit en réalité d’un phénomène assez méconnu du grand public et pourtant, celui-ci fait l’objet d’un préoccupant enjeu environnemental.

La définition du terme “pluie acide”

« Une pluie acide est une eau de pluie, une précipitation pluvieuse ayant un pH de moins de 5,6, due à de fortes concentrations de sulfates, nitrates et de divers polluants atmosphériques. La cause principale des pluies acides est la pollution de l’air, notamment en formant de l’acide avec les gaz carboniques provoquant l’effet de serre », peut-on lire sur la plateforme Aquaportail.

Il faut savoir que le terme de pluie acide a été énoncé pour la première fois en 1872 par le chimiste écossais Robert Angus Smith, expert en pollution atmosphérique. Considérées comme un important problème dans les années 1980 – et bien que des mesures aient été prises depuis -, les pluies acides existent toujours.

Comment ce phénomène se produit-il ?

Pour savoir si une pluie est acide, il incombe de prendre en compte le pH de l’eau. Rappelons qu’un pH de 7 est considéré comme neutre et que l’eau de pluie classique – naturellement légèrement acide – a un pH tournant autour de 5,6. Pour les pluies acides, il est alors question d’un pH plutôt proche de 5.

La pollution atmosphérique incarne la principale cause des pluies acides. Les gaz présents dans l’air se diluent en partie dans les gouttes de pluie, comme c’est le cas du CO2 qui se change en acide carbonique. C’est pour cette raison que la pluie est naturellement acide. En revanche, lorsque la quantité de polluants dans l’air augmente, cela se ressent sur le pH de l’eau de pluie. Or, les activités humaines et leurs rejets ont massivement augmenté durant le siècle dernier, ajoutant à l’acide carbonique d’autres acides tels que l’acide nitrique et l’acide sulfurique.

Crédits : Wikipedia

Un enjeu environnemental majeur

Outre le CO2, les principaux gaz à l’origine de l’acidification de l’eau de pluie sont les oxydes d’azote (NOx) et l’ammoniac (NH3). Bien que le Clean Air Act ait permis de réduire drastiquement les émissions dans les années 1980, celles-ci sont encore présentes. Les principaux responsables sont les industries (notamment du charbon), les centrales électriques, l’agriculture intensive ainsi que les transports. Certains événements naturels contribuent également à la formation de pluies acides tels que les éruptions volcaniques et les incendies de forêt.

Les pluies acides impactent en premier lieu la flore, qui se retrouve affaiblie, voire décimée par endroits. De nombreuses espèces deviennent stériles et finissent par disparaître, tandis que d’autres se retrouvent davantage exposées aux attaques, qu’il s’agisse de maladies, de champignons ou encore d’insectes.

L’agriculture est également très impactée, car les sols s’appauvrissent et l’eau des lacs et autres rivières – également polluées – devient toxique. Certains écosystèmes se retrouvent en déséquilibre, et la faune n’est pas épargnée. Si les espèces aquatiques sont les plus exposées, les autres ne le sont guère moins. Cela se traduit par une baisse des ressources alimentaires ainsi qu’une transformation de leur habitat.

Les pluies acides dégradent également les bâtiments en favorisant l’érosion du calcaire et la corrosion des métaux. Par ailleurs, de nombreux monuments sont touchés,  tels que Taj Mahal (Inde) dont nous évoquions la situation il y a quelques mois.

Sources : GEONotre Planète Info

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