Atacama : une « biosphère » découverte à 4 mètres de profondeur

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Crédits : nonimatge/istock

Des chercheurs ont récemment identifié une riche biosphère microbienne enfouie à quatre mètres sous la surface brûlante et aride du désert d’Atacama, au Chili. Cette découverte, réalisée dans la vallée aride de Yungay, ouvre une nouvelle fenêtre sur les capacités de la vie à s’adapter à des environnements extrêmes, tout en suscitant l’enthousiasme des scientifiques pour la recherche de la vie sur d’autres planètes, notamment Mars.

Une biosphère coupée de la surface

Malgré les conditions extrêmement difficiles et dangereuses qu’ils offrent, les environnements désertiques extrêmes abritent une vie microbienne qui les rend uniques en leur genre. Ces écosystèmes désertiques présentent en effet une résilience exceptionnelle et sont principalement soutenus par les micro-organismes qui jouent un rôle crucial dans des processus écologiques essentiels tels que le cycle des nutriments, la formation des sols et la conservation de l’eau.

Il est également remarquable de constater que ces fonctions écologiques sont souvent maintenues sans nécessiter de précipitations significatives pour apporter de l’humidité, ce qui souligne l’adaptabilité extraordinaire de la vie dans ces régions inhospitalières.

Le désert d’Atacama, situé dans le nord du Chili, s’étend sur une superficie de 105 000 km2 et il est particulièrement remarquable à cet égard. Considéré comme le désert chaud le plus sec du monde, cet environnement se présente en effet comme un site d’étude extrêmement pertinent pour explorer la vie dans des conditions d’aridité extrême.

Par ailleurs, la plupart des études antérieures sur l’écologie microbienne des environnements désertiques se sont concentrées sur les environnements de surface et de faibles profondeurs. Nous savons notamment que des bactéries ont déjà été identifiées jusqu’à une profondeur de 80 centimètres dans le désert d’Atacama.

Plus récemment, des chercheurs ont voulu étendre nos connaissances limitées sur les communautés microbiennes dans le sous-sol plus profond du noyau hyperaride de ce désert. De manière surprenante, ils ont alors identifié toute une biosphère située à plus de quatre mètres de profondeur, ce qui n’a pas manqué de les interloquer.

comète atacama
Crédits : grebmot/pixabay

Un monde microbien dominé par les Actinobactéries

Pour mieux comprendre ces habitants microscopiques des profondeurs, les scientifiques ont extrait des échantillons de sol et ont utilisé des techniques innovantes pour séparer l’ADN des cellules vivantes de celui des cellules mortes. Cette approche a permis d’obtenir des informations plus précises sur la diversité et la composition de la communauté microbienne, tout en éliminant les biais associés à l’ADN extracellulaire.

Totalement isolée de la surface, cette biosphère serait ainsi dominée par des Actinobactéries. Il s’agit d’un groupe diversifié de bactéries que l’on retrouve dans divers environnements extrêmes à travers le monde. Des échantillons de sol prélevés ont également révélé la présence de bactéries appartenant au phylum Firmicutes qui sont capables de résister à des concentrations élevées de sel et de survivre sans oxygène.

Ces découvertes remettent en question nos notions préconçues sur les limites de la vie sur Terre et ouvrent de nouvelles perspectives sur les possibilités de survie au-delà. En tant qu’analogues potentiels des environnements extraterrestres, tels que ceux de Mars, les sols du désert d’Atacama pourraient en effet nous aider à mieux comprendre les conditions nécessaires à la vie sur d’autres planètes.

Les détails de l’étude sont publiés dans la revue PNAS Nexus.