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Ils ont inversé le vieillissement de cellules humaines cultivées en laboratoire

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Crédits : Pexels / Matthias Zomer

Une équipe de chercheurs annonce avoir inversé le vieillissement de cellules humaines cultivées en laboratoire, ce qui pourrait servir de base à de futurs médicaments anti-dégénérescence.

Le vieillissement peut être considéré comme le déclin progressif de la fonction corporelle. La biologie du vieillissement se concentre principalement sur l’accumulation de cellules dites « sénescentes » dans les tissus et les organes. Il s’agit ici de cellules anciennes détériorées, qui d’une part ne fonctionnent plus, mais qui compromettent également la fonction des cellules qui les entourent. Par ailleurs, il a été démontré que l’élimination de ces vieilles cellules dysfonctionnelles améliore de nombreuses caractéristiques du vieillissement chez les animaux, telles que l’apparition tardive de la cataracte chez la souris, par exemple.

« Nous ne comprenons toujours pas complètement pourquoi les cellules deviennent sénescentes au fur et à mesure que nous vieillissons, explique Lorna Harries, professeure associée en génétique moléculaire à l’Université d’Exeter (Royaume-Uni), mais les dommages à l’ADN, l’exposition à l’inflammation et les dommages aux molécules protectrices à l’extrémité des chromosomes – les télomères – ont tous été suggérés. Il semblerait également qu’un des facteurs de la sénescence pourrait être la perte de notre capacité à activer et désactiver les gènes au bon moment et au bon endroit ».

En vieillissant, nous perdons en effet notre capacité à contrôler la régulation de nos gènes. Lorsqu’un gène est activé par des signaux provenant de l’intérieur ou de l’extérieur de la cellule, il produit un message moléculaire (appelé ARN), qui contient toutes les informations nécessaires à la fabrication de ce gène. « Nous savons maintenant que plus de 95 % de nos gènes peuvent réellement produire différents types de messages, en fonction des besoins de la cellule, note la chercheuse. La décision quant au type de message produit à un moment donné est prise par un groupe d’environ 300 protéines appelées “facteurs d’épissage” ».

En vieillissant, la quantité de facteurs d’épissage se réduit. Cela signifie que les cellules âgées sont moins en mesure d’activer et de désactiver les gènes pour répondre aux changements de leur environnement. Ce qu’ont tenté de faire les chercheurs, c’est de rétablir ces facteurs d’épissage. « Nous avons montré qu’en traitant les vieilles cellules avec un produit chimique qui libère de petites quantités de sulfure d’hydrogène (une molécule que l’on trouve naturellement dans notre corps), nous pouvions augmenter les niveaux de certains facteurs d’épissage et rajeunir les vieilles cellules humaines », poursuit la chercheuse.

« Le problème, c’est que le sulfure d’hydrogène peut être toxique en grandes quantités, nous avons donc dû trouver un moyen de le livrer directement à la partie de la cellule où il est nécessaire. En utilisant un “code postal moléculaire”, nous avons été capables de délivrer la molécule directement aux mitochondries, les structures qui produisent de l’énergie dans les cellules, où nous pensons qu’elle agit, nous permettant d’utiliser des doses infimes, moins susceptibles de provoquer des effets secondaires ».

Ce faisant, les chercheurs expliquent avoir réussi à réduire de 50 % le nombre de cellules sénescentes. Il ne s’agit ici que de cellules en laboratoire, mais ces outils moléculaires pourraient à terme éliminer les cellules sénescentes chez les personnes vivantes. Cela pourrait permettre aux chercheurs de cibler plusieurs maladies liées à l’âge.

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