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Non, avoir un peu de graisse supplémentaire ne vous fera pas vivre plus longtemps

Crédits : iStock

Une récente étude sur l’IMC prenant pour la première fois en compte le taux de masse musculaire explique aujourd’hui le célèbre « paradoxe de l’obésité ». De fait, un léger surpoids n’est pas forcément synonyme de meilleure longévité.

Si vous fouinez un peu dans les données médicales sur le poids et le risque de mourir, vous remarquerez peut-être quelque chose de curieux. Si l’obésité constitue un facteur de risque établi de mortalité cardiovasculaire, des études de groupes de patients de plus de 65 ans montrent de façon inattendue une diminution de la mortalité des patients obèses par rapport aux patients de poids normal. On appelle cela le « paradoxe de l’obésité », qui s’observe en particulier dans les études de patients âgés présentant une insuffisance cardiaque, une coronaropathie ou une maladie chronique.

Ce paradoxe semble aller à l’encontre d’autres recherches suggérant qu’un indice de masse corporelle (IMC) « normal » est associé à un risque de décès plus faible au cours d’une période d’étude. Une nouvelle étude suggère toutefois que le paradoxe de l’obésité pourrait s’expliquer en partie par quelque chose de plutôt simple : la masse musculaire.

L’IMC est calculé en fonction du poids et de la taille d’une personne, et le nombre obtenu fournit une indication de l’adiposité corporelle qui permet aux chercheurs de comparer les poids relatifs des personnes d’une population à l’autre. Un IMC inférieur à 18,5 est considéré comme un poids insuffisant, un de 18,5 à 24,9 constitue un « poids normal », un de 25 à 29,9 signifie un surpoids et 30 et plus est classé dans l’obésité. Cependant, le calcul ne prend pas en compte la masse musculaire.

Examinant l’IMC de plus de 11 000 personnes adultes ayant participé à l’Enquête nationale sur la santé et la nutrition entre les années 1999 et 2004, les chercheurs ont cette fois pris en compte la masse musculaire de chaque individu. Ils ont donc récemment constaté que le risque de décès était plus élevé à presque tous les niveaux d’IMC chez les personnes ayant une masse musculaire faible. On ne sait pas pourquoi une faible masse musculaire est liée à un risque plus élevé de décès, mais il est possible que l’augmentation de la masse musculaire protège contre les maladies chroniques ou les handicaps liés à l’âge, selon les chercheurs. Les résultats de l’étude ont été publiés le 11 avril dans la revue PLOS One.

« En prenant en compte les différences de masse musculaire entre les individus, tous les effets protecteurs associés à l’embonpoint disparaissent alors, et le risque de décès associé à l’obésité est en fait amplifié », explique le docteur américain Matthew Abramowitz de l’Albert Einstein Collège de médecine de New York et co-auteur de l’étude. En d’autres termes, en prenant en compte la masse musculaire dans le calcul de l’IMC, le paradoxe de l’obésité disparaît.

Par exemple, l’étude a révélé que les personnes ayant une masse musculaire faible et une IMC entre 22 et 24,9 avaient 26 % plus de risque de décès pendant la période d’étude que les personnes de la même catégorie d’IMC qui avaient plus de masse musculaire. De même, les personnes ayant une masse musculaire faible et un IMC de 25 à 29,9 étaient 49 % plus susceptibles de mourir au cours de la période d’étude que les personnes de la même catégorie de l’IMC qui avaient plus de masse musculaire.

Ces résultats suggèrent ainsi qu’il n’y a aucun bénéfice associé à une graisse corporelle supplémentaire lorsque la masse musculaire est prise en compte dans les analyses. « Les recherches antérieures utilisant l’IMC ont probablement sous-estimé le risque associé à l’excès de graisse corporelle », poursuit le chercheur. « Lorsque les personnes ayant une faible masse musculaire sont exclues de l’analyse ou lorsque les différences de masse musculaire sont prises en compte, les risques liés à un IMC élevé sont amplifiés ».

L’IMC peut être une mesure utile pour les professionnels de la santé, mais certaines de ses limites devraient être reconnues, notent les chercheurs.

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