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Les plumes “super noires” de ces oiseaux absorbent 99,95% de la lumière

Crédits : Natasha Baucas, CC BY-SA

Les plumes des oiseaux du Paradis peuvent absorber jusqu’à 99,95 % de la lumière incidente, rivalisant ainsi avec les matériaux les plus absorbants produits par l’homme, comme le Vantablack.

Qu’est-ce que les oiseaux et les ingénieurs aérospatiaux ont en commun ? Les deux sont à l’origine des surfaces incroyablement sombres dites “super-noires”, qui absorbent quasiment toutes les particules de lumière qui les frappent. Si les scientifiques ont travaillé intentionnellement pour concevoir ces matériaux, avec ces oiseaux en revanche, c’est l’évolution qui a fait son œuvre. Chez les oiseaux de paradis, qui vivent en Australie et en Nouvelle-Guinée, les mâles de certaines espèces possèdent en effet des plumes qui ne reflètent pas plus de 0,05 % de la lumière dans certaines directions. Des valeurs proches des meilleurs matériaux absorbants jamais fabriqués par l’homme, tels que le Vantablack qui absorbe 99 965 % de la lumière, quel que soit l’angle de vue.

Pour tenter d’y voir un peu plus clair (elle était facile), des chercheurs de l’Université Harvard, du Smithsonian Institute et de l’Université de Yale se sont penchés sur ces plumes « super noires » au microscope électronique. Ils ont alors pu distinguer les microstructures des plumes de sept espèces de paradisiers : cinq qui possèdent des plumes “super-noires”, et deux dont les plumes sont d’un noir plus classique.

« Les plumes normales sont plates et fractales : si vous zoomez au microscope, chaque brin ressemble à une petite plume », explique Teresa Feo, doctorante en biologie organique et évolutive à l’Université Harvard et co-auteure d’un article publié dans The Conversation. « Sous un puissant microscope à balayage électronique, nous avons eu la surprise de constater que les plumes “super-noires” ressemblent plutôt à des récifs coralliens miniatures, une brosse-goupillon ou un arbre aux branches touffues ».

À gauche : une plume noire normale d’une petite Melampitta. À droite : une plume super-noire (Dakota McCoy, CC BY-ND)

Cette structure permet ici d’emprisonner la lumière qui se réfléchit indéfiniment entre les différents “poils” sans jamais parvenir à s’échapper. Quant à l’intérêt évolutif de ce noir profond, les chercheurs penchent pour la parade amoureuse. Ils émettent ici l’hypothèse que la profondeur du noir fait ressortir les couleurs intenses du reste du pelage.

Les femelles choisissent en effet les mâles les plus impressionnants pour s’accoupler. Ces gènes de plumes éblouissantes sont alors transmis aux générations futures, tandis que les gènes des mâles moins “pimpants”, ignorés par les femelles, ne le sont pas. La sélection sexuelle aura ainsi conduit l’évolution à adopter un plumage “super-noir”. Voyez plutôt :

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