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Des chercheurs ont simulé le climat de Game of Thrones

Crédits : Game of Thrones

Winter is here (and war is coming), comme le savent tous ceux qui regardent la série Game of Thrones. Pour combien de temps ? On ne sait pas. Sur Westeros les saisons se prolongent. Des chercheurs des universités de Bristol, Cardiff et Southampton, au Royaume-Uni, se sont récemment appuyés sur un modèle climatique pour simuler et explorer ce climat étrange.

Etre climatologue pourrait être un peu déprimant de nos jours, au vu des sombres prédictions que le temps nous réserve. Pour souffler un peu, les chercheurs en climatologie des universités de Bristol, Cardiff et Southampton ont décidé de créer un modèle climatique de l’univers Game of Thrones. Ils ont pour se faire lu les livres en analysant chaque référence météorologique. Par ailleurs, estimant compliquée la publication d’un tel article dans les revues spécialisées, les auteurs ont soumis leur travail aux Philosophical Transactions de la Royal Society of King’s Landing. Modestement, et plutôt que de publier sous leur propre nom, ils ont donc attribué leur travail à Samwell Tarly, qui dans la série étudie pour devenir mestre à la citadelle de Oldtown, à Westeros.

Qu’apprend-t-on alors sur ce climat fictif ? Tout d’abord, note Samwell, les durées allongées des saisons s’expliquent par les saisons prolongées qui étaient probablement causées par un «culbutage» de l’inclinaison de l’axe de rotation de la planète lorsqu’elle tourne autour du Soleil. Ainsi la même hémisphère s’incline toujours vers le soleil, contrairement à la Terre “réelle” qui tourne autour du Soleil avec un angle constant de l’inclinaison de l’axe de rotation, donnant ainsi les quatre saisons habituelles par an.

En haut la Terre “réelle” tourne autour du Soleil avec un angle constant de l’inclinaison de l’axe de rotation, donnant les quatre saisons habituelles par an. En bas, la planète de Game of Thrones suit une orbite plus chaotique, donnant des saisons prolongées lorsque la planète “dégringole” sur son axe de rotation. Ici la même hémisphère pointe vers le Soleil tout au long de l’année. Crédit : Dan Lunt, Université de Bristol

Par ailleurs, Tarly observe que malgré les différentes saisons, le climat ressenti au Mur ressemble à celui de la Laponie, alors que Casterly Rock présente un climat similaire à celui de Houston, au Texas, ou encore Changsha en Chine. Les vitesses des vents et les directions prédites par le modèle climatique expliquent des phénomènes tels que la domination des mers par la Flotte de Fer et les plans d’attaque probables des hordes de dragons envahissants Essos. Les températures prévues par le modèle climatique suggèrent également des zones d’hibernation probables pour les White Walkers en été.

Température de l’air de surface prédite par le modèle climatique pour l’hiver dans l’hémisphère nord. L’échelle de couleur indique la température. Les températures super froides (moins de -20 ° C) au nord du Mur sont similaires à celles de la Laponie en Suède / Finlande. Crédit: Dan Lunt, Université de Bristol
Ici la pression au niveau de la mer et les vents prédits par le modèle climatique pour l’hiver dans l’hémisphère Nord. L’échelle des couleurs montre la pression en millibars, et les flèches noires indiquent les vents. Les vents forts générés par les différences de pression à l’ouest de Westeros apportent de forts vents aux îles de Fer, expliquant les prouesses navales de l’Ironborn. Crédit : Dan Lunt, Université de Bristol

Le Professeur Dan Lunt, de l’Ecole des Sciences Géographiques et de l’Institut Cabot de l’Université de Bristol, a notamment déclaré : « Parce que les modèles climatiques sont basés sur des processus scientifiques fondamentaux, ils sont capables de simuler le climat de la Terre moderne, mais aussi adaptés pour simuler le climat de n’importe quelle planète, réelle ou imaginaire, aussi longtemps que les positions continentales sous-jacentes, ainsi que les hauteurs et profondeurs des océans sont connus ».

Pour le professeur Carrie Lear, de l’Université de Cardiff, « ce travail est un peu amusant, mais il a un côté sérieux. Les modèles climatiques simulent de vrais processus physiques. Ils servent notamment à prédire les conditions climatiques en cas de fortes concentrations de dioxyde de carbone dans l’atmosphère, similaires à celles attendues d’ici la fin de ce siècle ».

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