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Pourquoi la banquise antarctique bat des records d’étendue ?

Crédits : Unsplash / Pixabay

Si la banquise arctique reste très fragile, les glaces de l’hémisphère sud semblent bien se porter, et c’est peu de le dire. En ce début d’automne 2014, la banquise antarctique a pulvérisé tous les records d’extension depuis le début des mesures.

Quand dans l’hémisphère nord, la fin de l’été marque le maximum annuel de la fonte des glaces, c’est tout le contraire au sud. Ainsi, avec une étendue proche de 20 millions de kilomètres carrés en septembre, les glaces antarctiques ont atteint un niveau record depuis le début des mesures. Cela représente pas moins de 2,5 fois la superficie de l’Australie et 30 fois celle de la France ! Depuis 1978, la banquise antarctique est globalement sur une pente montante, c’est l’exact opposé à ce que l’on observe dans l’hémisphère nord.

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Ce record d’étendue pose question alors que le réchauffement climatique est dans toutes les têtes. Fin 2012, une étude parue dans la revue Nature Geoscience montrait que les températures moyennes en Antarctique occidental avaient augmenté de 2,4°c depuis 1958, un réchauffement qui aurait dû provoquer une réduction de la surface occupée par les glaces. Le raisonnement ne doit toutefois pas s’arrêter là, si un réchauffement y a été observé, celui-ci pourrait au contraire favoriser la croissance de la banquise en hiver. En effet, durant l’été austral, la débâcle des glaciers péri-antarctiques déverse une énorme masse d’eau douce qui reste enfermée par le courant circumpolaire (courant marin de l’Océan Austral qui coule d’ouest en est autour de l’Antarctique). Lorsque les températures plongent en hiver, ces eaux issues de la débâcle parviendraient ensuite à regeler plus facilement que les eaux salées.

Une seconde hypothèse pourrait également expliquer cette extension des glaces, il s’agit du renforcement du courant circumpolaire antarctique ainsi que des vents qui y sont liés. Ce courant agit en effet comme une barrière isolante face aux masses d’air plus chaudes qui glissent au-delà de l’océan antarctique, favorisant ainsi une meilleure congélation des glaces de mer. Avec ces deux éléments combinés, on peut parier que les glaces australes se porteront bien encore quelques années.

Rappelons que la fonte des glaciers de l’ouest du continent austral pourrait provoquer une montée du niveau des mers de 4 mètres. Celle-ci atteindrait même 60 mètres si la totalité des glaces antarctiques venait à disparaître.

Source : Cryosphère Today

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