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Des centaines de corps de pestiférés retrouvés dans le centre-ville d’Amiens !

Crédits : iStock

Dans le cadre de simples fouilles préventives, les archéologues d’Amiens-Métropole, dans la Somme, se sont retrouvés face à une découverte historique inattendue : c’est sur l’emplacement d’un ancien garage que les scientifiques sont tombés nez à nez avec une centaine de pestiférés !

La municipalité connaissait déjà l’existence d’un ancien cimetière utilisé entre le 13e et le 17e siècle dans les jardins de l’hôtel-Dieu. Mais les archéologues ne s’attendaient pas à découvrir une dizaine de charniers à la périphérie du bâtiment ! Sur près de 1500 m2, une centaine de dépouilles furent sorties de terre, révélant l’état de crise de la cité lors de l’arrivée d’épidémies de peste ravageuses.

L’hôtel-Dieu d’Amiens fut construit en 1230 et était géré par des religieux. Il avait tout d’abord pour fonction d’accueillir les miséreux, mais fut rapidement transformé en cellule d’accueil pour pestiférés. En effet, c’est en 1347 que la peste fut introduite en Europe, conduisant un quart de la population occidentale à la mort ! En 1632, les vagues de peste sévissant toujours, il fut demandé aux religieux d’accueillir les personnes contaminées pour les isoler du reste de la population. »’historien Charles Schmidt expliquait dans une revue d’histoire moderne et contemporaine datant de 1900 : « En 1633, la peste ravageait la ville, les habitants mouraient en masse, la misère et la famine s’ajoutaient à la maladie ».

Crédits : Wikimedia

Ainsi, riches et pauvres, enfants et personnes âgées décédés de la peste, se retrouvèrent rapidement enterrés dans des fosses communes sans quelconques distinctions. Les archéologues découvrirent une grande quantité d’épingles, justifiant l’utilisation de linceuls dans le recouvrement des cadavres. Inhumés en pleine terre, les morts furent entassés les uns sur les autres d’après un grand sens organisationnel.

En effet, la disposition des corps justifie l’habitude qu’avait la municipalité à gérer ces crises sanitaires : réparties sur plusieurs niveaux, les morts avaient été respectueusement alignés. Aujourd’hui, les fouilles continuent et laissent découvrir les fondations d’un ancien bâtiment de 40 mètres de long !

Crédit : SAAM AMIENS-MÉTROPOLE

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