in

Une tribu isolée d’Amazonie massacrée par des chercheurs d’or

Crédits : © Guilherme Gnipper Trevisan/Hutukara

En août, dix membres d’une tribu inconnue et en voie d’extinction auraient été massacrés par des orpailleurs dans la vallée du Javari, en Amazonie brésilienne, selon le New York Times. La tribu n’avait eu aucun contact avec le monde extérieur auparavant.

Ils récoltaient des œufs le long de la rivière Jandiatuba dans l’ouest du Brésil quand ils ont rencontré les chercheurs d’or. L’attaque meurtrière aurait pu passer inaperçue si les orpailleurs ne s’étaient pas vantés du massacre dans un bar d’un village voisin. La Funai, l’agence brésilienne pour les affaires indigènes, a ouvert une enquête. Deux des mineurs (connus sous le nom de garimpeiros) ont été arrêtés et emmenés vers la ville de Tabatinga pour témoigner sur l’incident. Les chercheurs d’or plaident quant à eux la légitime défense.

« Ils se sont même vantés d’avoir découpé les corps et de les avoir jetés dans la rivière et ont ramené une pagaie en trophée », raconte Leila Burger Sotto-Maior, responsable de la Funai, au quotidien américain. Il s’agit par ailleurs du deuxième cas de meurtre d’indigènes en six mois dans la région où environ 2 000 individus se répartissent en 20 groupes isolés. « L’enquête s’annonce d’ores et déjà compliquée, tant les territoires sont grands et les accès limités », a déclaré au New York Times le procureur chargé de l’affaire, Pablo Luz de Beltrand.

De son côté, l’ONG Survival International accuse le pouvoir brésilien. « Si l’enquête confirme les rapports, ce sera un autre massacre génocidaire résultant directement de l’échec du gouvernement brésilien à protéger les tribus isolées, un droit garanti dans la Constitution », a dénoncé sa responsable, Sarah Shenker. « La réduction des fonds de la FUNAI a laissé des dizaines de tribus isolées sans défense contre des milliers d’envahisseurs qu’ils soient mineurs, éleveurs ou bûcherons. Toutes ces tribus auraient dû avoir leurs terres correctement reconnues et protégées il y a des années ».

Source