La galaxie la plus lumineuse de l’Univers est en train de se déchirer

W2246-0526 est aujourd’hui la galaxie la plus lumineuse de l’Univers depuis la formation du Big Bang. Elle se trouve cependant dans une situation très compliquée, la faute à un...
NRAO/AUI/NSF; Dana Berry / SkyWorks; ALMA (ESO/NAOJ/NRAO)
NRAO/AUI/NSF; Dana Berry / SkyWorks; ALMA (ESO/NAOJ/NRAO)

W2246-0526 est aujourd’hui la galaxie la plus lumineuse de l’Univers depuis la formation du Big Bang. Elle se trouve cependant dans une situation très compliquée, la faute à un trou noir super-massif. 

Découverte en mai 2015 grâce au télescope infrarouge WISE,  W2246-0526 se trouve à environ 12.4 milliards d’années-lumière de la Terre. Considérée comme la galaxie la plus lumineuse de l’Univers connu, ce quasar serait néanmoins en très mauvaise posture, la faute à un trou noir géant et vorace situé au centre.

Les quasars sont de lointaines galaxies dont les cœurs abritent des trous noirs supermassifs très actifs d’où s’échappent de puissants jets de matière et d’énergie. La plupart des quasars brillent intensément. Quelques-uns de ces objets énergétiques figurent toutefois parmi les Hot DOGs – des galaxies chaudes, obscurcies par la poussière. C’est ici le cas, avec cette galaxie.

Sur les hauteurs andines, le plus grand observatoire du monde et ses 66 antennes géantes traque les étoiles et galaxies dans l’Univers froid telles qu’elles étaient il y a plus de 10 milliards d’années. Pour la première fois, une équipe de chercheurs dirigée par Tanio Díaz-Santos de l’Université Diego Portales à Santiago, au Chili, a pu utiliser les capacités uniques de l’ALMA pour regarder « à l’intérieur » de W2246-0526. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il s’en passe des choses, à l’intérieur.

Grâce à l’ALMA, les chercheurs ont en effet pu tracer le mouvement des atomes de carbone ionisé à l’intérieur de la galaxie. De grandes quantités de cette matière interstellaire ont été repérées dans un état extrêmement turbulent et dynamique, se trimbalant dans toute la galaxie à environ deux millions de kilomètres par heure. Une frénésie liée à l’extrême luminosité de la galaxie.

La faute au trou noir donc. Situé au centre de la galaxie, l’attraction gravitationnelle de cet ogre cosmique attire les gaz environnants et d’autres matières, formant un disque d’accrétion tout autour. Le frottement de ce disque produit alors une intense luminosité, faisant briller la galaxie comme 300 milliards de soleils. Le problème, c’est que cette lumière saisissante ne s’échappe pas directement, absorbée par une couverture épaisse de poussière environnante qui réémet l’énergie sous forme de lumière infrarouge. Et c’est ce puissant rayonnement infrarouge qui aurait un impact direct et violent sur la galaxie entière.

En effet, la région qui borde le trou noir est au moins 100 fois plus lumineuse que le reste de la galaxie, un véritable four qui libère un rayonnement tel qu’il exerce une pression gigantesque sur les gaz qui baignent dans le reste de la galaxie. Une véritable marmite en ébullition qui menace d’expulser tous les gaz interstellaires de la galaxie dans toutes les directions.

In fine, et si la tendance se poursuit, il se peut que W2246 se transforme en un quasar plus traditionnel. Selon Manuel Aravena, de l’Université Diego Portales : « seul ALMA, doté de sa résolution inégalée, peut nous permettre d’observer cet objet en haute définition et de suivre un épisode aussi important dans la vie d’une galaxie ».

Source : Nasa


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