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Une nouvelle espèce de chat sauvage identifiée en Corse, le « chat-renard' »

Un spécimen de "chat-renard". Crédits : Pierre Benedetti

Surnommé « Ghjattu volpe », en Corse, le « chat-renard » avait déjà été aperçu par des bergers, mais l’espèce n’avait jamais formellement été recensée. C’est désormais chose faite.

Le « chat-renard… ou « ghjattu-volpe », en corse. L’animal savait se faire discret. Nocturne, il n’était connu que par les locaux de la vallée d’Asco. Nous connaissions donc son existence, mais l’espèce en elle-même n’avait jamais été formellement identifiée. Après plusieurs mois de recherches, l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) a finalement réussi à capturer (sans violence) 12 de ces spécimens. Après analyses, tous ont été relâchés dans la nature.

Un félin légendaire

«Pour nous, l’histoire a commencé en 2008 par la capture inopinée d’un chat dans un poulailler d’Olcani, dans le Cap Corse, explique Pierre Benedetti, chef technicien de l’environnement de l’ONCFS. Cet animal appartient à la mythologie de nos bergers. Ils racontaient que ces chats forestiers s’attaquaient aux mamelles de leurs brebis et chèvres. C’est à partir de ces récits, transmis de génération en génération, que nous avons commencé nos recherches».

Il y a quelques années, des poils retrouvés de l’animal ont permis d’identifier dans un premier temps son génome. C’est à partir de là que les chercheurs ont pu le distinguer du chat européen (Felis silvestris silvestris). Des pièges photographiques ont également permis de se faire une idée du physique de l’animal, mais certains détails restaient encore flous. Ce n’est qu’en capturant des spécimens que les chercheurs ont clairement pu établir qu’il s’agissait bel et bien d’une espèce nouvelle pour la science.

«C’est une espèce sauvage naturelle qui était connue mais pas recensée, parce que c’est un animal extrêmement discret, avec des mœurs nocturnes. C’est une découverte extraordinaire», poursuit le chercheur.

chat-renard
Parmi ses caractéristiques sont les dents canines « hautement développées ». Crédits : Pierre Benedetti

Parfaitement adapté à son environnement

Physiquement, imaginez un grand chat domestique au ventre couleur « rouille », avec une très longue queue tigrée à la pointe noire, des moustaches plus courtes, des oreilles plus larges et des canines plus grandes. L’animal se démarque également par ses rayures sur les pattes antérieures, et des pattes postérieures « très sombres ». On apprend également que son pelage, très dense, lui offre une protection naturelle contre les parasites. Et que la végétation corse lui permet de passer inaperçu auprès de son principal prédateur, l’aigle royal.

On ne sait en revanche pas grand chose sur le régime alimentaire du « chat-renard ». L’animal s’attaque très probablement à des proies de petite taille, du moins de taille inférieure à la sienne, comme des rongeurs ou des lapins.

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Brice Louvet, expert espace et sciences

Rédigé par Brice Louvet, expert espace et sciences

Brice est un journaliste passionné de sciences. Ses domaines favoris : l'espace et la paléontologie. Il collabore avec Sciencepost depuis près d'une décennie, partageant avec vous les nouvelles découvertes et les dossiers les plus intéressants.