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Un nouveau virus meurtrier est-il vraiment en train de se répandre au Kazakhstan ?

Crédits : Matthew de Lange / iStock

Les autorités kazakhs ont démenti ce vendredi les affirmations de l’ambassade chinoise à Nur-Sultan selon laquelle un nouveau virus, plus mortel que le SARS-CoV-2, serait en train de se répandre dans plusieurs régions du pays.

Un nouveau virus ?

Tout a commencé avec un message de l’ambassade chinoise à Nur-Sultan, la capitale kazakhe, alertant ses citoyens sur sa plateforme WeChat qu’une nouvelle maladie “au taux de mortalité de loin supérieur au Covid-19“, était en train de se répandre dans plusieurs régions du Kazakhstan, dont celles d’Atyrau, d’Aktobe et de Shymkent.

Selon le communiqué, qui parle de “pneumonie kazakhe”, celle-ci aurait provoqué la mort de 1 772 personnes au cours des six premiers mois de 2020, dont “628 rien qu’en juin“.

De ce fait, la Chine a appelé ses ressortissants à une très grande vigilance et à éviter les endroits bondés.

Un rapport du quotidien chinois Global Times ajoute également que certains experts chinois ont déjà lancé un appel à la sensibilisation et à la mise en place de mesures visant à empêcher ce virus d’entrer en Chine (les deux pays partagent une frontière). Soulignons que pour l’heure, tous les bus transfrontaliers et les vols internationaux sont actuellement suspendus au Kazakhstan, en raison de la crise du coronavirus.

Le Kazakhstan dément

Les affirmations “des médias chinois” ne “correspondent pas à la réalité“, a assuré vendredi le ministère de la Santé kazakh, dans un communiqué, précisant que le pays avait tout de même enregistré un peu plus de 32 000 cas de pneumonie entre le 29 juin et le 5 juillet, avec 451 décès. Les responsables de la santé publique du Kazakhstan ont néanmoins déclaré qu’il s’agissait de pneumonies standards.

Quand bien même, Aizhan Esmagambetova, médecin hygiéniste en chef du Kazakhstan, a en effet souligné que ce bilan des décès dus à une pneumonie était cette année 50% plus élevé que l’année dernière.

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Crédits : StockSnap / pixabay

Alors de quoi s’agit-il ?

Luca Anceschi, maître de conférences en études sur l’Asie centrale à l’Université de Glasgow, a déclaré à Newsweek qu’il n’y avait aucune preuve suggérant que les affirmations faites dans les médias chinois étaient vraies.

Il n’y a aucune confirmation de sources nationales kazakhes pour soutenir les rapports qui décrivent cette souche de pneumonie comme étant un virus entièrement nouveau. Mon sentiment, dit-il, est que plus de temps, de meilleurs tests et peut-être une révision des pratiques de déclaration du Kazakhstan sont définitivement nécessaires pour déterminer si ces cas de pneumonies sont en fait liés à une infection par COVID-19“.

Interrogé sur les motivations de cette déclaration chinoise, l’expert a déclaré qu’il était difficile de spéculer tant la relation sino-kazakhe est complexe.

Officiellement, le dernier bilan du Covid-19 dans ce pays d’Asie Centrale fait état de plus de 57 000 cas de contaminations et 264 décès. Au total, depuis le début de la pandémie, plus de 12 millions de cas ont été confirmés dans le monde, selon l’Université Johns Hopkins.

Ce Jeudi, le directeur général de l’OMS, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, a rappelé que le virus n’était sous contrôle dans aucune région du monde, et que la pandémie continuait de s’accélérer. “Au cours des six dernières semaines, le nombre total de cas a doublé“, a-t-il déclaré.