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Un premier vaccin contre le Covid-19 approuvé en Chine pour une utilisation militaire

Crédits : iStock

L’armée chinoise a reçu le feu vert pour utiliser un vaccin contre le Covid-19. Développé par la société CanSino Biologics, il n’a pourtant pas encore passé la phase 3 des essais cliniques.

La Chine vient d’approuver un vaccin contre le coronavirus SARS-CoV-2, nommé Ad5-nCoV. Développé conjointement par une équipe de l’Académie des sciences médicales militaires, dirigée par le général de division Chen Wei, et la société CanSino Biologics basée à Tianjin, son utilisation sera restreinte à l’armée chinoise pendant un an. Mais ce traitement préventif est-il vraiment efficace ?

La question se pose en effet. Et pour cause, si les autorités chinoises assurent que les premières données d’essais cliniques ont été suffisamment convaincantes, le fait est que ce vaccin développé par la compagnie CanSinoBio n’a pas encore passé la phase 3 des essais cliniques.

Autrement dit, le traitement apparaît sûr et semble entraîner une réponse immunitaire relativement élevée à l’antigène (ce qui a été prouvé dans les essais de phase I et 2). En revanche, nous ne savons pas réellement si le vaccin peut protéger contre les infections par le SARS-CoV-2 (ce qui aurait dû être testé au cours de la phase 3).

Par ailleurs, CanSino a refusé de souligner si les militaires chinois seraient tenus de recevoir le vaccin, ou si l’injection serait facultative, selon Reuters.

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Crédits : Pexels

Apprendre aux défenses immunitaires à reconnaître l’ennemi

Pour développer leur vaccin, les chercheurs sont partis d’une souche commune d’adénovirus (type 5). Celui-ci ne provoque généralement que de légères infections des voies respiratoires supérieures.

Les chercheurs ont ensuite “modifié” les agents pathogènes, de sorte qu’ils ne puissent plus se répliquer dans les cellules humaines. Ils ont également fait en sorte que ces derniers développent la signature du SARS-CoV-2 : sa fameuse protéine de pointe qui permet au virus de s’emparer de nos cellules.

Avec cette approche, l’idée était donc de présenter au système immunitaire un virus inoffensif, mais équipé de la protéine de pointe du SARS-CoV-2, de sorte qu’il puisse la reconnaître en cas d’intrusion nouvelle dans l’organisme et libérer des anticorps neutralisants.

Dans un essai d’innocuité de phase 1, impliquant 108 personnes, le vaccin s’est donc révélé sûr, comme expliqué plus haut. En outre, il a également stimulé la production d’anticorps neutralisants et d’autres réponses immunitaires.

Cependant, l’étude, publiée dans The Lancet, souligne que les personnes qui avaient déjà été infectées par Ad5 dans le passé avaient développé une réponse immunitaire moins poussée. Cela pourrait être dû au fait que leur organisme a rapidement reconnu l’adénovirus, pour finalement concentrer les défenses directement sur le vecteur viral, plutôt que sur la protéine de pointe.

La société CanSino a également déclaré avoir déjà clôturé un essai de phase 2 de plus grande envergure. En revanche, ces résultats n’ont pas encore été publiés, selon le South China Morning Post.

Un essai de phase 3 programmé au Canada

Toujours d’après ce journal, il semblerait que la société se soit déjà entendue avec le gouvernement canadien pour y mener des essais de phase 3. En revanche, aucune autre information sur le sujet n’a circulé pour le moment. Néanmoins, on imagine que ces essais examineront l’efficacité et les effets secondaires potentiels du vaccin dans un groupe de sujets encore plus large.