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Un jour, la police scientifique récupérera peut-être de l’ADN humain dans l’air

Crédits : Police-nationale.net

Récemment, des chercheurs britanniques ont réussi une grande première : collecter de l’ADN environnemental (ADNe) dans l’air. Un jour, peut-être la police scientifique pourra-t-elle récupérer le matériel génétique dans l’air sur une scène de crime. Cette innovation pourrait également servir en anthropologie ou encore en exobiologie.

L’ADN environnemental : de quoi s’agit-il ?

L’ADN est un matériel génétique se trouvant dans les cellules de pratiquement tous les organismes vivants. Or, les humains, animaux et autres plantes libèrent des cellules lorsqu’ils sont en contact avec leur environnement. L’ADN contient le génome, c’est-à-dire toute l’information génétique à laquelle les êtres vivants ont recours dans le cadre de leur développement, leur fonctionnement ainsi que leur reproduction.

Avec le temps, les cellules vivantes se dégradent et expulsent l’ADN. Or, malgré son caractère microscopique, celui-ci reste traçable durant des mois et éventuellement des années. Ce matériel génétique que l’on retrouve dans l’environnement se nomme ADN environnemental (ADNe). Des chercheurs de l’Université Queen Mary de Londres (Royaume-Uni) ont publié une étude dans la revue PeerJ le 31 mars 2021. Emmenée par la maître de conférences Elizabeth Clare, l’équipe a travaillé sur l’échantillonnage de cet ADN environnemental.

“L’utilisation de l’ADNe est devenue un sujet d’intérêt croissant au sein de la communauté scientifique, en particulier pour les écologistes ou les défenseurs de l’environnement à la recherche de moyens efficaces et non invasifs pour surveiller l’environnement biologique”, a déclaré Elizabeth Clare.

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Crédits : PublicDomainPictures / Piaxabay

 

Révolutionner les méthodes de la police scientifique

Les scientifiques ont analysé une douzaine d’échantillons d’air en provenance de pompes à air (avec filtres HEPA) installées dans une animalerie. Dans cet établissement se trouvaient des rats-taupes nus (Heterocephalus glaber). Ensuite, les chercheurs ont procédé à une amplification de l’ADN au moyen de la Réaction en Chaîne par Polymérase (PCR) avant de le séquencer. Les données ont ensuite été comparées à celles de la GenBank. Les chercheurs ont alors retrouvé l’ADN des rats-taupes nus dans dix échantillons sur douze. Plus étonnant, chaque échantillon contenait de l’ADN humain.

Alors que l’ADN humain n’était pas l’objectif de l’étude, sa découverte dans les échantillons constitue une importante découverte. Ceci signifie que le matériel génétique des hommes peut aussi être détecté dans l’air grâce à l’échantillonnage de l’ADNe. Les chercheurs pensent que cette technique pourrait apporter beaucoup à la police scientifique dans le cadre de la résolution de crimes. Enfin, cela pourrait aussi révolutionner d’autres domaines tels que l’anthropologie et surtout l’exobiologie, une discipline spécialisée notamment dans la recherche de vie extraterrestre.