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Tout savoir sur la fusée SLS, le nouveau lanceur lourd de la NASA

Crédits : John Raoux

La fusée la plus puissante construite par la NASA depuis le programme Apollo attend son heure. Développé depuis 2011, ce lanceur couleur abricot se chargera d’envoyer des équipages vers la Lune au cours de la décennie. Si la SLS ne représente pas l’avenir (trop chère et non réutilisable), nous allons devoir compter sur elle quelques années. Voici quelques points clés à retenir.

Block I et Block 2

Officiellement connu sous le nom de Space Launch System (SLS), le véhicule fait partie du programme Artemis de la NASA qui vise à renvoyer les humains sur la Lune pour la première fois depuis l’ère Apollo. Pour la première mission de cet incroyable projet, qui vise à envoyer une capsule Orion non habitée faire le tour de la Lune, l’agence américaine propose une première version de cette énorme fusée baptisée Block 1.

Dans cette configuration, le lanceur et le vaisseau coiffé au-dessus mesureront 98 mètres de haut et pèseront 2 600 tonnes. À titre de comparaison, le Saturn V qui a propulsé les premiers astronautes vers la Lune mesurait 110,5 m de haut.

Cependant, la fusée SLS sera capable de livrer plus de 4 000 tonnes de poussée, soit 15% de plus que le Saturn V. La SLS pourra également transporter plus de vingt-sept tonnes de charges vers la Lune. Bien que ce soit légèrement moins que le Saturn V en termes de capacité, la SLS sera tout de même plus efficace dans la mesure où moins de capacité de charge sera gaspillée sur les différents étages et le carburant.

Les futures versions de SLS seront encore plus grandes et plus puissantes. La configuration du Bloc 2, qui aura un étage supérieur supplémentaire pour fournir plus de poussée et une plus grande surface pour les charges utiles, mesurera quant à lui 111 mètres de haut et pourra livrer plus de cinquante tonnes de marchandises vers la Lune. Cette version pourra également permettre une exploration plus poussée du Système solaire.

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La fusée SLS sur sa rampe de lancement. Crédits : NASA

Les moteurs RS-25

Le cheval de bataille du programme Artemis reste le moteur RS-25. Ce dernier était à l’origine utilisé pour lancer les navettes spatiales américaines. Le premier étage de la SLS en aura quatre. La NASA en a également seize sous la main pour différentes missions.

Ces équipements ont naturellement été révisés avec de nouveaux contrôleurs informatiques et des mises à niveau pour s’assurer qu’ils puissent gérer les exigences de performance plus élevées d’un lancement de ce calibre. Un seul de ces moteurs pourrait générer suffisamment de puissance pour 1 362 456 kilomètres de lampadaires, de quoi faire un aller-retour Terre-Lune, puis quinze fois le tour de la Terre.

Les fusées RS-25 sont propulsées par 3,3 millions de litres d’hydrogène liquide et d’oxygène liquide surfondus. Les RS-25 seront complétés par deux propulseurs à fusée solide fixés sur le côté du module central. Il s’agit des plus grands et les plus puissants jamais construits. Chacun d’eux mesure cinquante-quatre mètres de haut et est capable de fournir 1 600 tonnes de poussée, brûlant environ 5,4 tonnes métriques de propulseur polybutadiène acrylonitrile chaque seconde.

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Le premier étage du lanceur SLS destiné au lancement de la mission Artemis I sort de l’usine de Michoud. Les quatre moteurs sont clairement visibles. Crédits : Danny Nowlin

Programme chargé

La NASA ambitionne de lancer sa très attendue mission Artemis I le 29 août prochain. Au cours de ce test, la capsule évoluera à environ 400 kilomètres au-dessus de la surface lunaire sur une rétrograde. Autrement dit, elle volera dans le sens inverse de la rotation de la Lune. Le vaisseau restera plusieurs jours, le temps d’effectuer des tests, puis elle reviendra se poser dans le Pacifique.

Une capsule Orion habitée pourrait ensuite faire le tour de la Lune dans le cadre de la mission Artemis II. Celle-ci pourrait être lancée en 2024. Artemis III, qui prévoit de poser deux nouveaux astronautes sur la Lune, ne sera pas lancée avant au moins 2025. Par la suite, la NASA aimerait construire une station orbitale autour de la Lune, de quoi favoriser les missions en surface, mais également établir une base permanente au niveau du pôle sud où la distribution de glace d’eau est la plus importante et accessible.