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Les bisons sauvages de retour au Royaume-Uni après des milliers d’années

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Crédits: LubosHouska/pixabay

Tôt ce lundi 18 juillet, trois bisons européens ont été lâchés dans la campagne du Kent, en Angleterre, des milliers d’années après l’extinction de leurs prédécesseurs. Les autorités entendent s’appuyer sur ces animaux pour transformer le paysage local.

Le Bison d’Europe (Bison bonasus Linnaeus) est l’une des deux espèces du genre Bison, l’autre étant le Bison américain. Très communs durant la préhistoire, ces animaux ont failli disparaître à cause de la chasse. La quasi-disparition de leur milieu naturel, la forêt primaire, remplacée peu à peu par des champs et pâturages, a également contribué au déclin de l’espèce.

Désormais protégé, le bison d’Europe est peu à peu réintroduit sur le continent depuis les années 1950 à partir d’une douzaine de spécimens issus de parcs zoologiques. Ces efforts portent leurs fruits. Depuis 2014, les spécimens évoluant en liberté (plus de 7 000) sont en effet plus nombreux que ceux vivant en captivité. La grande majorité évolue en Europe de l’Est, particulièrement en Pologne. Désormais, les bisons d’Europe sauvages sont également présents au Royaume-Uni.

Refaçonner le paysage

Le projet Wilder Blean, près de Canterbury, est une expérience développée par le Kent Wildlife Trust (KWT) visant à déterminer dans quelle mesure les bisons peuvent agir en tant qu’ingénieurs de l’écosystème naturel. Leur goût pour l’écorce tuera certains arbres, tandis que d’autres verront le jour grâce à dispersion des graines par les fientes. Leur imposant physique et leur amour pour les bains de poussière ouvriront également des sentiers, laissant la lumière se répandre sur le sol de la forêt. Selon les écologistes, tout cela devrait permettre à de nouvelles plantes, insectes, reptiles, oiseaux et chauves-souris de prospérer. Une forêt plus naturelle devrait également absorber plus de carbone, contribuant ainsi à lutter contre le réchauffement climatique.

« Pour la première fois depuis plus de mille ans, nous avons la chance de retrouver le bison dans la nature. C’est une expérience vraiment puissante, émouvante et viscérale. C’est quelque chose que nous avions perdu dans ce pays« , a déclaré Paul Whitfield, directeur général de Wildwood Trust.

Bientôt quatre spécimens

Pour l’heure, seules trois femelles ont été relâchées (deux jeunes et une plus âgée considérée comme la matriarche du groupe). Elles seront rejointes par un jeune mâle venu d’Allemagne cet été. Son arrivée a été retardée par des complications d’importation liées au Brexit.

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Crédits : Alexander Turner

Les trois femelles ont été équipées de colliers de suivi dans le but de tracer leurs mouvements. De cette manière, les écologistes pourront évaluer les plantes avec lesquelles elles interagissent. Elles profiteront d’une zone de cinq hectares pendant un mois, puis de cinquante hectares lorsque le mâle arrivera. Les animaux auront à terme accès à deux cents hectares.

Le site de Wilder Blean est autorisé à accueillir jusqu’à dix bisons. À l’avenir, les responsables espèrent fournir des spécimens pour fonder d’autres troupeaux au Royaume-Uni ou dans le reste de l’Europe. Ces bisons seront également bientôt rejoints par d’autres espèces, dont l’Exmoor, l’une des plus anciennes races de chevaux du monde, et la Longhorn, une race bovine britannique. Leurs comportements naturels compléteront les travaux gestion du paysage des bisons.